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Le marchand de Venise

- Catégorie : Théâtre
- Par William Shakespeare
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 29 août 2007 à 1h26
- Pas de résumé...
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104 pages
Le marchand de Venise
ACTE QUATRIÈME - SCÈNE I
A Venise.-Un tribunal.
Entrent LE DUC, LES MAGNIFIQUES, ANTONIO, BASSANIO, GRATIANO,
SALARINO, SALANIO et autres personnages.
LE DUC.-Antonio est-il ici ?
ANTONIO.-Prêt à paraître, dès qu'il plaira à Votre Altesse.
LE DUC.-J'en suis fâché pour toi. Tu as affaire à un adversaire dur comme la pierre, à un misérable tout à fait inhumain et incapable de pitié, et dont le coeur n'a pas un grain de sensibilité.
ANTONIO.-Je sais que Votre Grâce a pris beaucoup de peine pour tâcher de modérer la rigueur de ses poursuites. Mais puisqu'il reste inexorable, et qu'il n'est aucun moyen légal de me soustraire à sa haine, j'oppose ma patience à sa fureur. Je suis armé de courage pour souffrir avec une âme tranquille la cruauté et la rage de la sienne.
LE DUC.-Allez et faites entrer le Juif dans la chambre.
SALANIO.-Il est à la porte, seigneur ; il entre.
(Entre Shylock.)
LE DUC.-Faites place : qu'il paraisse devant nous.-Shylock, tout le monde pense, et je le pense aussi, que tu ne feras que conduire cette invention de ta méchanceté jusqu'à son dernier période, et qu'alors, c'est ainsi du moins qu'on en juge, tu voudras déployer une clémence et une pitié plus extraordinaires encore que l'extraordinaire cruauté que tu sembles montrer ; qu'au lieu d'exiger la condition du billet (qui est une livre de chair de ce pauvre marchand), tu ne te contenteras pas seulement de te désister de tes prétentions à cet égard ; mais encore que, touché de sentiments de douceur et d'humanité, tu lui remettras la moitié de sa dette, et que tu jetteras un oeil de pitié sur les pertes accumulées qui sont venues fondre sur lui en assez grand nombre pour écraser un marchand roi, et pour attendrir sur son sort des coeurs d'airain et les sauvages âmes de pierre des Turcs inflexibles et des Tartares, qui ne connurent jamais les devoirs de la douce courtoisie.
Entrent LE DUC, LES MAGNIFIQUES, ANTONIO, BASSANIO, GRATIANO,
SALARINO, SALANIO et autres personnages.
LE DUC.-Antonio est-il ici ?
ANTONIO.-Prêt à paraître, dès qu'il plaira à Votre Altesse.
LE DUC.-J'en suis fâché pour toi. Tu as affaire à un adversaire dur comme la pierre, à un misérable tout à fait inhumain et incapable de pitié, et dont le coeur n'a pas un grain de sensibilité.
ANTONIO.-Je sais que Votre Grâce a pris beaucoup de peine pour tâcher de modérer la rigueur de ses poursuites. Mais puisqu'il reste inexorable, et qu'il n'est aucun moyen légal de me soustraire à sa haine, j'oppose ma patience à sa fureur. Je suis armé de courage pour souffrir avec une âme tranquille la cruauté et la rage de la sienne.
LE DUC.-Allez et faites entrer le Juif dans la chambre.
SALANIO.-Il est à la porte, seigneur ; il entre.
(Entre Shylock.)
LE DUC.-Faites place : qu'il paraisse devant nous.-Shylock, tout le monde pense, et je le pense aussi, que tu ne feras que conduire cette invention de ta méchanceté jusqu'à son dernier période, et qu'alors, c'est ainsi du moins qu'on en juge, tu voudras déployer une clémence et une pitié plus extraordinaires encore que l'extraordinaire cruauté que tu sembles montrer ; qu'au lieu d'exiger la condition du billet (qui est une livre de chair de ce pauvre marchand), tu ne te contenteras pas seulement de te désister de tes prétentions à cet égard ; mais encore que, touché de sentiments de douceur et d'humanité, tu lui remettras la moitié de sa dette, et que tu jetteras un oeil de pitié sur les pertes accumulées qui sont venues fondre sur lui en assez grand nombre pour écraser un marchand roi, et pour attendrir sur son sort des coeurs d'airain et les sauvages âmes de pierre des Turcs inflexibles et des Tartares, qui ne connurent jamais les devoirs de la douce courtoisie.
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