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les conteurs de l'été - pour la tradition
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Page : 1
| Vincent Jost | Ecrit le 06/08/2011 à 00h00 - Citer et répondre |
1993 messages
Inscrit le: 26/10/2005
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Il est un temps pour tous; pour les travailleurs et leur repos, pour le soleil et les nuages, pour l'écriture et les mots durs. Aujourd'hui, toute l'équipe s'est precipitée ailleurs laissant entre-ouverte la porte du forum pour y déposer nos histoires d'un soir, d'une semaine ou de toute une période de vacances. La souris se demandait comment elle allait pouvoir poursuivre sa route. Dans son égarement elle avança jusqu'ici sans trop se soucier des obstacles qu'elle escaladait au passage. Mais ce râle qui venait de la faire émerger de ses errances n'était pas ce qui devait la rassurer. un chat noir aux pattes de velour ronflait pesément devant elle. |
| Brigitte Brigedouce NEULAS | Ecrit le 06/08/2011 à 08h56 - Citer et répondre |
101 messages
Inscrit le: 25/04/2009
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- "Que vais-je faire ?" se demanda la pauvrette à la queue en lacet de chaussures, les yeux remplis d'une terreur noire. Elle hésita : - "L'enjamber comme on joue à saute-mouton ? Le contourner comme on le ferait d'un rocher qui a roulé sur la pente de la montagne et est tombé sur le sentier ?" ELle se mit à trembler de tous ses pauvres os de souricette peureuse devant le matou qui lui avait -intentionnellement ou pas- barré son chemin. Tout à coup, le chat sournois ouvrit un oeil aussi vaste et jaune que la plus grande mansarde parisienne. Et, lentement, son épaisse paupière alourdie par un sommeil profond s'abaissa sur ce phare à la lumière aveuglante qui avait ébloui Mademoiselle souris grise ! Sa peur décupla et se mit à prendre un galop effréné de chevaux effrayés dans les champs. Puis, un pincement au coeur la replaça dans la charité des hommes et des animaux. - " Pauvre gros minet !" se dit-rllr tout bas doucereusement. Elle monta sur son large dos duvereux et se mit à danser et faire des pas de deux sur ce parquet luisant se servant de ses pattes comme de castagnettes espagnoles !! L'animal domestique surpris dans ses songeries tourna sa grosse tête et vit la gentillette souricette qui s'amusait fort sur ce rempart. Il poussa un tel miaulement que même les tigres et les panthères de la jungle africaine ne pouvait pas en faire autant !!!! La petite dame souris se mit à rire de plus en plus bruyamment .... (A continuer !) |
| Alain Tchungui | Ecrit le 07/08/2011 à 21h48 - Citer et répondre |
146 messages
Inscrit le: 26/01/2006
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Ce qui l'amusait, c'est que le gros matou, en miaulant comme même les tigres et les panthères de la jungle africaine ne pouvaient en faire autant, faisait des ronds de fumée. Il avait fumé un joint, le bougre, et, maintenant, il planait. Elle comprit qu'il l'avait probablement prise pour une mouche, une savonnette ou une cafetière et qu'elle n'avait pas grand-chose à craindre de Raminagrobis dit "le Terrible". Alors, elle se laissa glisser au sol, s'approcha du museau du chat et tira violemment sur un poil de moustache, espérant bien l'arracher. Le poil résista et le chat poussa un hurlement comme même les karatékas japonais ne pouvaient en faire autant, ce qui fit conclure à la souricette qu'il ne fallait peut-être pas exagérer. Effectivement, le chat ouvrit un œil, puis un deuxième, puis un troisième (n'oublions pas qu'il est stone) et murmura : — Bête à bon dieu, dis-moi pourquoi les chattes "écailles de tortue" aiment s'asseoir à la terrasse des cafés ? — Ch'sais pas, répondit la souris, mais, d'abord, ch'suis pas une bête à bon dieu -pouah, un insecte !-, ensuite, si tu sautes par la fenêtre, tu auras la réponse, puisqu'y a justement une terrasse de café au rez-de-chaussée. Raminagrobis remercia la souris pour son conseil avisé, se leva péniblement, fit un pas, puis un deuxième, puis un troisième (n'oublions pas qu'il est stone) et s'approcha de la fenêtre grand ouverte. Il s'arrêta, regarda le vide. — Saute donc !, dit la souricette. Mais Raminagrobis ne savait faire autre chose que dodeliner de la tête en regardant le vide. — Je ne sais plus comment on fait. — J'vais t'expliquer. La souris s'approcha à son tour de la fenêtre. Le chat n'eut qu'à lui donner une amicale petite tape dans le dos pour la précipiter dans le vide. La pauvrette atterrit... heu... athérit –plouf !– dans la tasse de darjeeling d'une dame qui se leva d'un bond : — Une bête ! Ah, mon Dieu ! Au secours ! Le chat en déduisit: — Elle avait raison, Trotte-menue. On ne dit pas "une bête à bon dieu", mais "une bête à mon dieu". En tout cas, je l'ai bien eue. Il éclata d'un rire comme même les de Funès les plus bourvilesques du cinéma français ne peuvent en faire autant, avant de battre des ailes, d'une d'abord, puis d'une deuxième, puis d'une troisième (n'oublions pas qu'il aurait pu être stone) et s'envoler vers de nouvelles aventures. Message édité le 08/08/2011 à 09h35 |
| Fredleborgne | Ecrit le 08/08/2011 à 13h36 - Citer et répondre |
5646 messages
Inscrit le: 24/11/2006
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The little Mice, named Alice, drunk tea with "la tasse". Elle hoqueta donc pour ne pas perdre son français, avant de quitter la table à l'anglaise. Un peu stonée, elle trouva refuge dans un hole, grand trou accueillant à l'entrée avec beaucoup de passage. Elle s'approchit (sale bête, mais les souris saines ne s'approchent jamais au passé simple sous peine d'être dévorée) d'un lapinot (assez lapereux) lui aussi blotti dans l'abri providentiel. "Tu es en retard" lui reprochat-il, manquant de l'effrayer... |
| Membre du comité de lecture | |
| Vincent Jost | Ecrit le 08/08/2011 à 18h09 - Citer et répondre |
1993 messages
Inscrit le: 26/10/2005
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L'envol à l'anglaise, voilà comment on nommait dans les bibliothèques égoutales ce que venait de connaître Alice. La souris qui croyait prendre se trouva fort attirée par la tasse de thé refroidi! Mais si vous avez tous bien suivi jusque là, vous aurez tous bien compris que la stonitude du chat n'était là que pour mieux cacher celle d'Alice. Alice qui crut voir un "chat rond stone" à la place d'un canari qui venait de s'envoler à l'aventure. Notre Alice était donc en retard, en retard pour ce jour bien spécial qu'est la fête des rongeurs des villes. J'ai bien dit la fête des rongeurs des villes qui n'est pas la même que celle des champs. Dans les deux cas nos amis fêtent le même évènement, mais il est des notables des villes qui, aidés des instruments qu'on y trouve, ont recalculé la date précise initiale de l'évènement en tenant compte des années bissextiles... Depuis cette scission, la ville a pris l'habitude de fêter l'évènement trois heures avant les champs! Vous comprendrez alors pourquoi il fut si gravement reproché à notre petite souris son retard qui pouvait être interprété comme un reniement des calculs de nos citadins! |
| Alain Tchungui | Ecrit le 09/08/2011 à 15h04 - Citer et répondre |
146 messages
Inscrit le: 26/01/2006
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Bien que les baraques de la fête fussent pleines de croûtes de fromage et de fanes de radis, Souricette fut privée de manger. Elle arrivait trop tard. Elle déroba néanmoins une peau de saucisson qui dépassait de sous le ventre d'une souris obèse vautrée, comme dans une barque, au milieu d'une feuille de laitue défraîchie. Tout autour d'elle, des jeunes titubaient, grisés par le suc des pommes pourries qu'ils lampaient. Assises sur un reste de savon de Marseille, deux souris âgées grignotaient un mégot de cigarette, tandis qu'une troisième, au regard embrumé par le fond de verre de liqueur à la fraise qu'elle venait de siroter, détricotait, on se demande pourquoi, un bout de bande molletière ou de gaze médicinale. Grise-Mine, la souris qui avait accueillie Souricette en commençant par lui reprocher son retard, l'entraîna, l'obligeant à se faufiler entre deux couches Pampers souillées, vers un groupe de jeunes souris qui jouaient dans un vieux pneu. Elles plongeaient tour à tour dans le lac qui s'était formé au creux du pneu. — C'est du champ', glapit Grise-Mine, du champ' ! — Du vrai ? — Ouais, du vrai. Si tu veux y goûter… Moi, j'y go. Souricette déclina l'invitation. D'abord, elle n'était pas encore remise du mal de crâne qu'elle avait ressenti après avoir bu une partie du darjeeling, ensuite, cette flaque de champagne ne lui disait rien. On y voyait flotter deux ou trois déchets parmi lesquels un truc ressemblait bizarrement à un suppositoire. Grise-Mine s'ébattait maintenant dans le champagne. Tant mieux, car Souricette avait bien envie de lui dire, avec une certaine agressivité pour se venger de son accueil, qu'à la campagne, la fête des rongeurs, c'était autre chose que cette fête des rongeurs des villes un rien dégueu. Il y avait sans doute, dans la cave de la ferme où la fête n'allait pas tarder à commencer, des pommes de terre pas germées, des meules de fromage dont on creusait le côté opposé à la lumière pour que ça ne se voie pas, une terrine de pâté entière qui, une nuit, était tombée derrière l'étagère et que la fermière croyait volée. C'était simple, il n'y avait que des merveilles. Bon, bien sûr, il y avait le chat, aux griffes, aux crocs et à la patience particulièrement développés. Et rusé, l'animal, avec ça, comme elle venait de le constater. — Tiens voilà que je regretterais Raminagrobis, maintenant, s'étonna-t-elle tout en s'éloignant de l'écoeurante odeur d'ail cuit qui s'échappait d'une coquille d'escargot vide. Soudain, un vacarme étourdissant éclata : l'orchestre venait d'ouvrir le bal avec une première danse d'enfer censée rassembler la foule. Souricette admit qu'à la campagne, un tel vacarme aurait vu Raminagobis rappliquer dans la minute. Mais, ici, il n'y avait pas grand-chose à craindre : les chats des villes sont bourflus et indolents. Ah, le bal ! C'était pour lui que, tous les ans, Souricette participait à la fête des rongeurs des villes plutôt qu'à celle des rongeurs des campagnes. Le bal ! Danser, sauter, chanter, flirter, frotter… Le bal ! Quel bonheur ! Message édité le 09/08/2011 à 17h39 |
| Vincent Jost | Ecrit le 12/08/2011 à 11h36 - Citer et répondre |
1993 messages
Inscrit le: 26/10/2005
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Enfant de la balle, Souricette ne pouvait pas résister à faire sa petite star au beau milieu de la piste de danse qui était en fait une fraîche dalle de béton recouverte d'un carrelage aussi luisant que glissant et qu'avait fait réaliser le fromager Hubert dans sa nouvelle cave d'affinage. Hubert, affineur fromager réputé de la ville était connu dans toute la région pour la particularité des trous qu'on retrouvait dans ses fromages qui n'en ont habituellement pas. Son secret, disait-il, résidait dans la particularité de sa cave qui était placée juste en dessous d'un centre magnétique particulier. S'il ne se trompait pas quant à la qualité de sa cave dans la réalisation des trous, il ne s'était jamais douté que cette dernière était en fait le quartier général des fêtes des souris citadines. Avec le temps elles avaient appris à se camoufler et à ne jamais trop entamer un fromage pour lui laisser l'aspect d'un grignotage "naturel". La fête des souris citadines était donc à son plein, les fromages se dégustaient gratuitement et Souricette ne se doutait pas encore du trouble qui allait suivre. |
| Vincent Jost | Ecrit le 26/10/2011 à 00h03 - Citer et répondre |
1993 messages
Inscrit le: 26/10/2005
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D'ailleurs, Souricette n'était pas la seule à ne pas savoir la suite. Cent contes n'y suffirait pas à mettre à jour les dessous de l'affaire qui ne fit pas l'affaire ici-bas! |
| Frédéric Marcou | Ecrit le 27/10/2011 à 14h31 - Citer et répondre |
2290 messages
Inscrit le: 15/07/2005
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Souricette fit une sortie, elle avait identifier le piège, se retourna vivement et s'en écarta d'un geste vif, puis elle esquiva une grosse boule de bowling qui se diriger vers elle, et enfin goguenarde, la souris fit preuve d'adresse en évitant le feu de la cuisson, heureuse, elle rentra dans son trou... |
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