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De la petite édition : un malentendu
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| boogieplayer | Ecrit le 03/04/2006 à 15h42 - Citer et répondre |
3122 messages
Inscrit le: 19/04/2005
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Lu dans Le Monde des livres : Le PDG des éditions Gallimard affirme sa solidarité avec les petits éditeurs et les libraires indépendants De la petite édition : un malentendu Depuis 2003, l'avenir des petites maisons d'édition est une question très vivement débattue au sein de nos instances professionnelles françaises. Editeurs, libraires, diffuseurs et distributeurs ont engagé, ensemble, une réflexion solide et pragmatique, qui concilie la consultation des intéressés, si nombreux et disséminés soient-ils, au dialogue et à la coopération avec les pouvoirs publics - une tradition française, dont on sait les bienfaits depuis la fixation du prix unique du livre. Des propositions concrètes en sont issues : en l'espace de trois ans, nous avons beaucoup avancé, et un dispositif original se dessine propre à maintenir une édition plurielle. Or un funeste malentendu s'est fait jour à l'occasion du Salon du livre de Paris, après que Francis Esménard, PDG d'Albin Michel, et moi-même avons accordé un entretien à Paris Match (" Le Monde des livres " du 24 mars). Extrapolant mes propos et les rendant solidaires de ceux tenus par mon confrère, la presse professionnelle m'a accusé de faire porter aux petits éditeurs la responsabilité d'une surproduction engorgeant la librairie. Ainsi y aurait-il trop de jeunes et de petits éditeurs en France et mon voeu le plus cher, enfin avoué (il était temps !), serait de voir leur nombre réduit et leur dynamisme contraint. D'un revers de main. Le procédé est injuste ; il relève du procès d'intention. On m'a fait dire ce que je n'ai pas dit. Dans cet entretien, je notais plutôt la multiplication de livres substituables les uns aux autres, phénomène qui explique en partie la surproduction affectant notre métier, notamment pour certaines catégories d'ouvrages ; j'appelais à plus de vigilance en la matière, à plus de discernement. Voilà tout. Les petits éditeurs n'ont pas plus à voir en cette affaire que n'importe lequel d'entre nous. Il faut être bien peu lucide sur les enjeux contemporains du marché du livre pour se tromper ainsi de cible. Je suis attaché à la vitalité de ces jeunes maisons, si complémentaires aux nôtres ; d'hier à aujourd'hui, plusieurs d'entre elles ont joué à l'égard d'une maison comme la mienne le rôle d'aiguillon - stimulant notre ardeur éditoriale par leur inventivité et la proximité aux auteurs qui les caractérisent -, voire de compagnon de route. Depuis Le Sourire qui mord, que nous avons soutenu en édition jeunesse, jusqu'à POL pour l'édition adulte, en passant par La Découverte lorsqu'elle était indépendante ou les Editions Michalon, la maison a toujours été soucieuse de maintenir l'identité de ces structures. Certaines, comme Le Point du jour, de René Bertelé, L'Arbalète de Marc Barbezat, Lachenal et Ritter et plus récemment Joëlle Losfeld et Verticales, ont pris part, dans des circonstances parfois difficiles, à l'aventure intellectuelle collective qu'est la NRF. Nous savons ce que nous leur devons. De fait, à bien des égards, la solidarité entre les petites et moyennes structures est au coeur de notre système éditorial. Aujourd'hui encore, des auteurs emblématiques de nos maisons choisissent parfois, pour la publication de l'un ou l'autre de leurs textes, quelque voie plus marginale, désignant par là leur attachement à une édition déconcentrée - et l'amitié y tient aussi parfois son rôle. Il y a là l'affirmation d'une intuition fondamentale, ainsi formulée en son temps par l'éditeur Georges Lambrichs : " Il y a toujours dans le paysage de ce qui se publie quelque chose d'anarchique. " Il n'empêche que cette richesse même mérite d'être organisée et promue, pour son maintien, pour sa survie. C'est à quoi nous travaillons. Car on le sait : les effets de la concentration dans la distribution et la librairie, par l'installation de barrières de plus en plus infranchissables pour les " nouveaux entrants ", entraînent nécessairement une concentration dans l'édition ; et donc, à terme, une raréfaction de l'offre au profit des plus grosses structures. C'est la grande leçon - nous en aurions préféré une autre - des modèles américains et anglais. Afin d'éviter une édition à deux vitesses entre grande diffusion et diffusion confidentielle, il est indispensable de préserver l'accès au réseau de la librairie pour les petits éditeurs ; à nous tous d'imaginer des solutions réglementaires et professionnelles pour le garantir. Le projet d'un pôle de distribution spécifique, baptisé " Calibre ", pourrait être la clé de voûte de ce dispositif. Dans la légende de saint Christophe, si chère à Michel Tournier, c'est bien, du porteur et du porté, du géant et de l'enfant, le second qui est le rédempteur. En accompagnant les petits éditeurs dans leur démarche, en offrant parfois à certains de s'adosser à ma maison, c'est tout l'équilibre de notre profession que je soutiens, prévenant de la sorte des processus qui, à nos portes, mettent en péril la diversité éditoriale. Ce combat est lié à celui que nous menons depuis des années pour le maintien de la librairie indépendante. Nous sommes bien sûr solidaires, n'en déplaise à ceux qui auraient aimé qu'il en fût autrement. Antoine Gallimard Merci à Alain pour l'info |
| Administrateur | Mathieu Pasquini - Gérant fondateur In Libro Veritas |
| g@rp | Ecrit le 03/04/2006 à 19h59 - Citer et répondre |
2433 messages
Inscrit le: 09/10/2005
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L'incroyable ! poisson de Simon Magneta finira-t-il par devenir vrai ? |
| Bernard Fauren | Ecrit le 03/04/2006 à 20h55 - Citer et répondre |
99 messages
Inscrit le: 12/12/2005
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Le groupe Gallimard c’est aussi : . Éditions Denoël • Les Éditions du Mercure de France • Gallimard Loisirs (Guides touristiques) • Gallimard Jeunesse • POL (88 %) • Les Éditions de la Table Ronde Sans compter toutes les participations minoritaires dans d’autres sociétés d'édition. D’autre part la petite édition est multiforme : Comme au théâtre, il y a les subventionnées et les autres qui ne le sont pas Les petits éditeurs qui travaillent avec des auteurs universitaires qui de toutes manières ont besoin de publier et qui ne réclament pas de droits d’auteurs (Fata Morgana ne s’en cache pas) Les éditeurs qui travaillent pas souscription : j’achète ton livre et demain tu achèteras le mien Et puis plein d’autres encore. Où se fait la différence : c’est dans la distribution ! Un petit éditeur mal distribué ne vend pas ! Et c’est là que Gallimard réapparaît encore car dans la distribution Gallimard c’est : Centre de Diffusion de l'Édition • La SODIS • France Export Diffusion « En accompagnant les petits éditeurs dans leur démarche, en offrant parfois à certains de s'adosser à ma maison, c'est tout l'équilibre de notre profession que je soutiens, prévenant de la sorte des processus qui, à nos portes, mettent en péril la diversité éditoriale.» Nous dit Antoine Gallimard De quelle solidarité s’agit-il vraiment ? Celle du rachat et de l'OPA? http://www.gallimard.fr/catalog/Html/grp/groupe.htm#2 Message édité le 03/04/2006 à 21h03 |
| boogieplayer | Ecrit le 03/04/2006 à 21h25 - Citer et répondre |
3122 messages
Inscrit le: 19/04/2005
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Je suis également assez circonspect ![]() |
| Administrateur | Mathieu Pasquini - Gérant fondateur In Libro Veritas |
| Bernard Fauren | Ecrit le 04/04/2006 à 09h35 - Citer et répondre |
99 messages
Inscrit le: 12/12/2005
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Réaction à l’article de Paris Match relevée dans le blog d’Hubert Nyssen (fondateur d’Actes Sud) à la date du 25 mars 2006 Dans un article consacré au récent Salon du livre, Le Monde relevait hier une interview accordée par Antoine Gallimard et Francis Esménard (Albin Michel) à Paris Match où les deux patrons rendent les petits éditeurs responsables de l'augmentation de la production de livres et de l'encombrement des librairies. Ce qui est tout simplement risible. Alberto Manguel, lui aussi, a repéré l'article qui lui a donné, inspirée par une légende mauricienne, l'idée d'une petite fable un peu dans la manière de Moustaki… Et je la reprends ici, telle que je l'ai envoyée au Monde… “Il y a longtemps, les dodos, oiseaux incapables de voler mais doués d'un énorme appétit, s'aperçurent que sur une certaine île, où les mésanges des environs se rassemblaient pour nicher, poussaient des potirons qui atteignaient une taille colossale. Ravis à la perspective d'un repas gargantuesque, les dodos construisirent un petit radeau et traversèrent le détroit qui les séparait de l'île. Il festoyèrent pendant des jours (les potirons étaient en effet énormes, très pâteux et sucrés), en piétinant lourdement les petites baies et les graines trop délicates pour leurs larges becs, les abandonnant aux mésanges qui, avec patience et soin, en plantèrent certaines dans le sol et en emportèrent d'autres dans leurs nids pour nourrir leurs petits. Au bout de quelques semaines, il ne restait plus un potiron et les dodos décidèrent de retourner chez eux. A peine capables de marcher après avoir tant mangé, ils traînèrent leurs gros ventres jusqu'au radeau et prirent la mer. Quelques instants plus tard, l'eau commença à submerger le radeau. “Je crains que nous ayons mangé trop de potirons, dit l'un des plus jeunes dodos d'une voix tremblante. Je crois que nous coulons.” Le plus âgé des dodos pointa une plume vengeresse vers le haut du mât, où une mésange minuscule s'était perchée, une baie rouge dans le bec. “Voilà la coupable, cria le dodo. Elle est beaucoup trop lourde pour le radeau. Il n'y a pas assez de place pour nous tous. Débarrassons-nous d'elle, tout de suite !” Et ils se mirent à sauter sur place pour effrayer la mésange. Entendant tout ce bruit, celle-ci gagna la terre à tire-d'aile, le radeau sombra dans les eaux infestées de requins, et c'est ainsi que l'espèce des dodos s'est éteinte.” http://www.hubertnyssen.com/carnets.php?mois=03&anne... Message édité le 04/04/2006 à 10h01 |
| Bernard Lancourt | Ecrit le 04/04/2006 à 23h06 - Citer et répondre |
6006 messages
Inscrit le: 27/05/2005
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Gallimard ne voulait même pas publier Proust. Ce dernier a dû payer pour l'édition de certaines de ses oeuvres. |
| Denis Nerincx | Ecrit le 04/04/2006 à 23h21 - Citer et répondre |
2520 messages
Inscrit le: 11/12/2005
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A méditer, l'histoire des "dodos"........ |
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