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Artiste insolente
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| Fredleborgne | Ecrit le 12/11/2009 à 12h36 - Citer et répondre |
5646 messages
Inscrit le: 24/11/2006
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Les artistes français doivent -ils être des artistes d'état ? C'est un peu en substance ce que je retiens de l'intervention de Mr Eric Raoult, contre Marie Ndiaye, l'auteure recompensée dernièrement par un Goncourt pour son roman "Trois femmes puissantes". Je ne vais pas faire le résumé de l'article, au demeurant fort bien écrit sur Agoravox. Par contre, la citation de Marie Ndiaye est éloquente. "« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus »." Pas de quoi plaire à Eric Raoult, c'est sûr. Mais son intervention, qui aurait pu se cantonner aux journaux, se porte au ministère de la Culture. En estimant qu'un artiste récompensé doit respecter un devoir de réserve, il compte bien altérer le droit d'expression de chacun, et en particulier celui des artistes. Il ne lui suffit plus d'avoir des saltimbanques à la botte, il faut encore que tous soient soumis. Le ministre de la Culture, face à ce genre de rustre, ne répond pas, ni sur ce devoir de réserve anticipé (la déclaration date d'avant la nomination au Goncourt). Pourtant, lui-même a du défendre sa mauvaise vien ô combien plus sale pour l'image de l'institution, qu'un simple avis politique, et a réclamé le droit d'écrire pour les écrivains. Et lui, le Goncourt, il ne l'a pas eu. Je ne sais pas s'il attribuera après cette déclaration la legion d'honneur à Marie Ndiaye, et c'est tant mieux. Il vaut mieux qu'elle attende d'être décorée par un pouvoir plus respectueux de l'art et des citoyens. Merci Mr Raoult. Vous venez de lui retirer une épine du pied. FLB |
| Membre du comité de lecture | |
| Mathilde Guyas | Ecrit le 12/11/2009 à 18h01 - Citer et répondre |
9 messages
Inscrit le: 20/11/2007
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Le pire - ou le plus drôle, si j'arrivais à en rire - c'est qu'en réagissant comme ça, Raoult ne fait que confirmer les propos de Marie N'Diaye. Flicage, censure ... Un devoir de réserve aux écrivains, on croit rêver. On se demande surtout si aujourd'hui, on a encore le droit de critiquer la présidence actuelle, qu'on soit Goncourt ou pas. Moi je dis, dans cette époque on ne peut plus consensuelle, bravo Marie N'Diaye d'avoir réitéré vos propos. |
| Sonia Traumsen | Ecrit le 13/11/2009 à 12h32 - Citer et répondre |
976 messages
Inscrit le: 27/04/2007
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"Berlin" est-il encore bien "réel" ? Qui sait : peut-être pourra-t-on y vivre en apesanteur ? Chocorêve : une pellicule positiste quantique, avec, à l'intérieur, une bonne chair(e) de morale issue de l'Est décongelé. Mais peut-être qu'en France devrons-nous attendre que le permafrost dégèle et ne nous délivre quelque mamouth mitterandien ? En attendant que l'Europe se rééquilibre autour de son mur désormais mythique (qui accueille ses nouveaux dissidents tout comme l'enceinte des vieilles villes recueillaient les dépouilles de vos évèques), je crois que je vais prendre un vol pour Vancouver, ou peut-être m'installer entre les deux Corées : on a encore un "vrai" dictateur au Nord, je ne peux pas manquer ça. Mais surtout, ne manquez pas de m'envoyer des piles. |
| Sylvie Parthenay | Ecrit le 13/11/2009 à 12h45 - Citer et répondre |
165 messages
Inscrit le: 22/02/2006
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Polémique pas si évidente que cela. L'écrivain doit être libre de ses propos, quelque soit son statut, sauf s'il est fonctionnaire (dans ce cas, il doit signaler ses publications par un formulaire avant édition, si si, ce n'est pas une blague), devoir de réserve militaire, médecin (dans le cas du secret médical). De même, le député UMP a le droit de dire ce qu'il pense. La démocratie doit s'appliquer dans les deux camps, que l'on soit d'accord avec les propos ou pas. Dieu sait si je suis une opposante au régime Sarko. Cependant, et ceci est un avis personnel, j'en ai marre que l'on stigmatise mon pays en disant qu'il est "monstrueux". C'est faire insulte à ceux qui se battent au prix de leur vie contre les états africains de didacture par exemple. Dire que la France est un pays monstrueux, c'est scandaleux. C'est justement par et pour la France, que je me bats pour que les principes d'éthique, des droits de l'homme puissent être sauvés. Je vous entends dire que ce n'est pas politiquement culturellement gauchisant correct. L'écrivain, comme le pensais Victor Hugo, doit être celui qui éclaire la route au peuple... Je crois que cette écrivaine là, ferait mieux de s'attaquer à des régimes qui sont réellement monstrueux... mais là, la vérité vous met vraiment en péril. Que les bobo caviar de la gauche s'en donne à coeur joie, et que Martine Aubry demande des excuses, elle ferait mieux déjà de s'excuser des élections truquées lors de l'élection du chef du parti socaliste... J'en ai marre des donneurs de leçons. Les seuls héros sont ceux qui travaillent dans l'ombre, au jour le jour, pour sauver celui qui dort sur le trottoir d'en face, celui qui apporte humblement à manger à un clandestin. Voilà. Ceci dit, il y a un vrai problème, littéraire celui-là. Le Goncourt est normalement dédié à récompenser un roman. Or, ce livre n'est pas un roman, bien que très bien écrit. Les règlements doivent s'appliquer à tout le monde. si moi ou vous, présentez un essai à un prix consacré au roman, vous ne serez pas admis à participer. Mais les prix littéraires sont comme le reste, il est désormais de notoriété publique qu'ils sont un arrangement entre éditeurs pour booster les ventes... un consensus entre l'élite des bobos bon chic bon genre titi parisien pique assiette au crochet des autres, car ce ne sont pas eux qui payent les fastueux festins auxquels ils ont droit. Un récente étude à mis en évidence que le peuple un peu "m'as-tu-vu" achetait le Goncourt pour l'offrir (ce qui dispense de le lire) et que plus d'un quart des acheteurs les laissait trôner dans leurs bibliothèque en ayant lu juste la quatrième de couverture, rien de plus... Peut-être qu'un véritable acte de révolte de la part de l'écrivain serait de refuser le Goncourt en disant : je le refuse pour marquer mon opposition aux renvois des clandestins, aux sans-abris, ce que vous voulez... Si vraiment la France est "monstrueuse", pourquoi accepter un titre honorifique de sa part ? Mais l'ego et l'appât du gain font faire des choses bizarres aux écrivains. Alors, Madame qui veut le beurre et l'argent du beurre, passer pour une authentique et pure résistante sans pour autant renoncer à la gloire et à l'augmentation des ventes qu'implique tout Goncourt, ayez au moins le courage de vous taire plutôt que de jouer à l'hypocrite. Apprenez du résistant basique... Et surtout, rien n'est jamais si simple, l'humain est si complexe, la vérité n'est pas là où on pense la trouver bien souvent. Et la vérité, quand on la trouve, sur soi comme sur les autres, est bien souvent très dérangeante.... Sylvie |
| Sonia Traumsen | Ecrit le 13/11/2009 à 13h04 - Citer et répondre |
976 messages
Inscrit le: 27/04/2007
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l'écrivain doit être celui qui éclaire sa propre route afin d'éviter la route du peuple et de ses bergers : paradis pour eux, sans doute; exil et précipice pour lui (ou ailes) c'est certain. [quote][/Si vraiment la France est "monstrueuse", pourquoi accepter un titre honorifique de sa part ? Mais l'ego et l'appât du gain font faire des choses bizarres aux écrivains. [/quote] n'est pas sartre qui veut, pour rejeter un prix (le Nobel, tout de même) sans crier au monstre. changement d'époque, changement de stratégie, ou de farce, ça dépend de votre lorgnette. M'enfin, elle ne l'a tout de même pas demandé, le Goncourt : ça lui est tombé sur la tête comme une tuile ! Elle a le droit de se venger du hasard, tout de même ! De toute façon on vous dira que le Goncourt c'est pas la France, et que ce n'est pas parce que le "monstre" vous tend un bras qu'il faut lui embrasser le fion. Depuis la séparation de la reconnaissance et de l'état, on a le droit à la nouvelle religion de l'espoir d'être entendu par des oreilles convenantes, tout de même. il faut bien comprendre que de nos jours le problème n'est pas d'être censurée, mais d'être lue par n'importe qui. On devrait pouvoir choisir ses lecteurs, que je dis ! De toute façon, à partir du moment où une artiste reconnue dit une vérité (?), premièrement, vous n'aurez plus le droit de la dire (la vérité), et deuxièmement vous ne pourrez pas critiquer l'artiste, à moins d'avoir été publiée. Mais je m'égare : je crois que je vais rentrer en Suisse. on n'a pas de mur, mais il reste quelques coffres à percer. Mon prochain livre sera sur l'argent sale, mais je devrais m'installer au Groenland, là où les ours lavent plus blanc. |
| Hervé Léonard MARIE | Ecrit le 13/11/2009 à 13h06 - Citer et répondre |
2054 messages
Inscrit le: 17/11/2007
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J'appaludis le message précédent et l'approuve à 99 %. Je voulais dire le message pénultième. Celui de S Parthenay. Message édité le 13/11/2009 à 22h09 |
| Sylvie Parthenay | Ecrit le 13/11/2009 à 13h18 - Citer et répondre |
165 messages
Inscrit le: 22/02/2006
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Ah bon, parce que vous croyez qu'elle n'était pas au courant de sa participation au Goncourt, ne serait-ce que par son éditeur ? Vous êtes au pays de Candy. Aller en Suisse ou à Berlin... Ils reviendont sans doute, après avoir attendu que cela se passe avec la peau des autres et quand ils y trouveront de quoi satisfaire leur intérêt. En attendant, je leur souhaite bonne route Pour combattre, encore faut-il rester au pays... Sylvie |
| Guy MASAVI | Ecrit le 13/11/2009 à 13h59 - Citer et répondre |
1178 messages
Inscrit le: 06/09/2006
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Ne boudons pas notre plaisir d'entendre un voix fut-elle hypocrite qui dit du mal du gnome qui nous sert de président. Et qui fait la une des journaux! |
| Membre du comité de lecture | |
| Mathilde Guyas | Ecrit le 13/11/2009 à 14h13 - Citer et répondre |
9 messages
Inscrit le: 20/11/2007
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Sylvie: " Le courage de se taire " ? Si comme vous le dites, un écrivain doit être celui qui éclaire la route du peuple, alors comment Marie N'Diaye devrait-elle avoir le courage de se taire ? Et au nom de quoi elle aurait plus fait preuve de résistance à la politique Sarkozy en refusant le Goncourt, plutôt qu'en disant franchement ce qu'elle pense de la route que prend ce pays ? |
| Sonia Traumsen | Ecrit le 13/11/2009 à 15h24 - Citer et répondre |
976 messages
Inscrit le: 27/04/2007
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hi hi, vous ne voyez pas que je plaisantais... Pour le pays, la Suisse c'est le pays de Heidy, pas de Candy. Par contre, you clever, vous ne vous êtes sans doute pas aperçue, que le Goncourt tombe bien, pour une réfugiée à Berlin, pratiquement le jour anniversaire de la chute du mur ? Et puis... la morale réfugiée en Allemagne sous les trait de d'Angélique Merkel. Mais ça ne fait rire personne. Et encore, Berlin, nouvelle république des artistes libres et de l'art moderne, belle réalité politique. Kapital de la Kultur en paravent,mais de quel côté du mur ? Merkel, deux allemagnes en une seule personne. à se demander si l'art ne deviendrait pas un nouveau mur... entre quoi et quoi, c'est à se demander. mais je délire sans doute. |
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