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De la critique - De son art, de sa manière et de sa finalité...
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| Melina Nilles | Ecrit le 23/07/2008 à 16h46 - Citer et répondre |
1967 messages
Inscrit le: 16/06/2008
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Bonjour à tous, J'ai remarqué à mon grand regret que la critique souffre du manque de talents! Ainsi, je vous invite, afin que nous réfléchissions ensemble à l'art, la manière et la finalité de cette discipline austère et exigeante...d'autant plus qu'elle se doit d'être excellente en termes de forme et d'esprit. Le problème n'est bien sûr pas dans la critique lorsqu'elle est saine, mais dans le désir de "casser du jeune, du vieux, du... et du.. et du..., bref, tout ce qui n'est pas soi". Comme on peut tristement le constater en visitant les pages d'auteurs! Certains se déchaînent hargneusement: on croirait qu'ils déclarent la guerre! C'est un comportement indigne et la signature d'une malhonnêteté intellectuelle, morale, artistique et philosophique! Ecrire est un acte d'humanité par excellence! Il faut donc toujours rechercher dans l'excellence de l'humanité pour y atteindre l'excellence de l'écriture, et les meilleures leçons se doivent donc d'être données à soi-même! Ainsi, l'on peut progresser en bonne adéquation avec l'intra et l'extra... Je vous attends dans mon arène, non pas pour en devenir la reine, mais pour élaborer ensemble un nectar d'esprit et d'extrême délicatesse afin d'impulser la fabrication d'un art de considérer l'autrui dans toute sa dimension exponentielle!!! |
| Pangloss | Ecrit le 25/07/2008 à 01h58 - Citer et répondre |
166 messages
Inscrit le: 05/07/2008
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Chère Melina Merci d’ouvrir ce lieu pour discuter de la critique dans une atmosphère « délicate » et chaleureuse. Je compte sur vous pour « modérer » votre « arène » ! Un point sur le débat antérieur dans ILV. Quand je suis arrivé sur ILV, j’ai commencé à faire de la critique par les « commentaires », et puis j’ai vu par hasard qu’il y avait justement un forum spécial pour en discuter (de la critique par les "commentaires"). Mais ce fil de discussion a dérapé plusieurs fois entre plaisanteries grasses, hors sujets, cabales etc., et finalement le fil a déraillé. (Il faut savoir, chère Melina, que la cabale est intrinsèque à l’histoire de la littérature et, statistiquement, c’est la majeure partie de la critique littéraire !) Si on enlève toutes ces scories, ce débat a quand même été assez riche. D’abord, l’ILVien qui l’a lancé, Richard Gehenot, commence par une remarque importante : « Le texte le plus médiocre a sans doute plus de valeur que notre critique qui le dénonce comme tel ». La critique est un genre en dessous de la création. On critique, même positivement, faute d’oser créer soi-même. Cela demande moins de « talent », comme vous dites. C’est exactement ma situation. Écrire un poème ou un roman c’est risquer plus gros qu’écrire un essai. Pour un essai , on peut compenser l’absence de talent littéraire par le travail, pas pour un poème (ce qui n’empêche pas les poètes de travailler dur). Avoir pour compagne une écrivaine de grand talent en rajoute une couche d’inhibition. Bref, ma production littéraire créatrice se limite à l’introduction et la conclusion d’un essai sur Phèdre sous forme d’espèces de poèmes en prose, et à une tentative de traduction de « The Love Song of Alfred J. Prufrock » dans le cadre d’un essai sur un sonnet de Mallarmé. Bref, je n’ose le risque de créer que dans le cadre d’une étude critique de l’œuvre de quelqu’un d’autre. Alors, à quoi sert ce genre mineur, la critique littéraire ? De la suite du débat ressortaient 3 réponses : 1 C’est, en littérature, l’équivalent des applaudissements (ou sifflets, ou boycott par le silence) dans le spectacle vivant : un moyen pour le public de remercier (ou engueuler) l’auteur-e et les interprètes. Et c’est très important pour l’auteur(e). 2 Si l’interaction est possible, c’est très utile aussi pour l’auteur qui peut ainsi corriger son œuvre. Dans ma contribution (sous la signature de Lancelot) j’essayais de savoir si ça fonctionnait en effet dans ce sens-là sur ILV, où la technique de l’internet permet justement à l’auteur de modifier son oeuvre en fonction des critiques. Pour moi, qui ai passé la plus grande partie de ma vie comme chercheur , c’est le mode normal (la technologie ne fait rien à l’affaire) : on présente un papier à un séminaire, on est critiqué , on modifie, on envoie le papier à une revue , des « referees » (lecteurs) vous font de nouvelles critiques etc. Le débat n’a pas permis d’avancer beaucoup sur ce point, mais il m’a semblé que la plupart des auteurs (je prenais l’exemple de F. Ségeste) mettent leur papier sur ILV comme ils-elles le donneraient à publier à un éditeur ou une revue : quand ils ou elles l’estiment suffisamment bon pour être publié. Ils-elles l’ont fait tourner, relire, corriger, et ils-elles publient ,même sur ILV, dans la plupart des cas, la « version au propre », quasi finale. Ce qui n’empêche pas que, si un jour ils republient le même poème, ils modifient considérablement (comme Mallarmé…) 3 Et enfin c’est important pour les lecteurs. D’abord il y a le cas des « critiques littéraires » (sur ILV comme dans les journaux) qui analysent et présentent une oeuvre pour signaler aux lecteurs potentiels que c’est intéressant d’y aller voir. C’est ce que fait Vincent Jost à propos de En toute simplicité , c’est ce que je fais à propos de Semblables, etc. Mais je crois comprendre que vous visez, Melina , quelque chose de plus profond : l’utilité de la critique de textes que l’on ne cherche pas spécialement à faire connaître, soit qu’ils soient déjà connus (les « classiques ») soit que techniquement il faut avoir déjà le nez sur le texte pour avoir accès à sa critique (cas des « commentaires » d’ILV). Autrement dit : à quoi cela sert-il, pour le lecteur, d’écrire la critique d’une œuvre ? Cette question renvoie évidemment à « à quoi sert-il de lire ? » et donc « à quoi sert la littérature ? ». Vous donnez une réponse excellente à laquelle je souscris à 90% : à rencontrer l’Autre et construire l’Humanité. (Les 10% de désaccord, c’est qu’on ne rencontre pas une personne mais une œuvre. On y reviendra). C’est la réponse qu’avait donné Simone de Beauvoir lors du fameux colloque à la Mutualité « Que peut la littérature ? ». La littérature permet l’intersubjectivité : savoir que nos peines, nos joies, nos espoirs, nos émotions sont partagées par d’autre humains. Mais dès lors, l’acte de « lire » participe à la création littéraire : pour « rencontrer » et pas seulement « croiser » l’Autre, on doit en quelque sorte, comme je le disais maladroitement dans ma contribution au fil cité plus haut, « digérer » la rencontre, plaisante ou déplaisante, comprendre pourquoi on aime ou on n’aime pas l’œuvre. Et comparer sa propre digestion avec celle des autres, c’est construire du collectif : de l’Humain. Prenons un exemple : votre dernier poème L'homme fébrile. Il y a déjà 4 commentaires. Ce ne sont pas des commentaires-applaudissements, même s’ils sont plutôt positifs. C’est studieux, comme un séminaire, une yeshiva : les lectures, les questions, les esquisses de réponses s’échangent. (J’aurais pu prendre aussi bien le commentaire critique plus négatif de Bernard Lancourt sur Corne de Brume ). Une question reste en suspens, celle de Vincent « La fin me laisse pourtant sur ma faim», pourquoi ? (j’ai mon idée) etc. Notez qu’à ce stade vous n’intervenez plus : l’œuvre existe indépendamment de vous. Il y a d’abord la remarque de Crall89, que je comprends très bien : "je ne veux pas commenter, je ne veux pas chercher à comprendre, cela détruirait la beauté de la poésie". On remarque que c’est quand même l’un des deux commentaires les plus longs. Il dit l’essentiel : « ce poème a parlé à l’âme de son lecteur » donc l’effet d’intersubjectivité a eu lieu. Ma fille qui m’a fait connaître Prufrock a aimé ma traduction mais ne veut pas entendre parler de mes commentaires, cela en détruirait la magie. (Sur ce point, Mallarmé prend la défense de Poe qui a eu le culot de disséquer son propre poème The Raven. Mais on peut en discuter une autre fois) Pour moi c’est l’inverse : je sens qu’une œuvre me touche, mais il me faut la « travailler » pour la « digérer ». Mon essai sur un sonnet de Mallarmé le rumine jusqu’à en devenir rasoir. Les 3 autres commentaires au contraire se demandent si tel mot à tel endroit est le plus adéquat pour transmettre telle émotion voulue par l’auteure (vous) mais en fait ils discutent aussi s’il est le plus adéquat à ce qu’eux auraient voulu y trouver. Ce qui veut dire encore une fois que votre poème ne vous appartient plus tout à fait. D’où ma réserve initiale de 10% : on rencontre une oeuvre, pas une personne. Un petit bout de l’humanité se pensant elle-même, pas forcément l’auteur « empirique ». « A.J. Prufrock » n’est pas Eliot. Heureusement : je crois que le plus grand poète français est Jean Racine, je ne suis pas sûr que j’aurais aimé ce type. Ni Eliot. Ce qui renvoie à une autre question de la critique : est-il utile de connaître la bio de l’auteur , voire de le-la connaître personnellement, pour en faire une bonne critique (le débat Proust contre Sainte-Beuve) ? Bon, on en parlera une autre si ça vous intéresse. Message édité le 25/07/2008 à 02h11 |
| Bernard Lancourt | Ecrit le 25/07/2008 à 02h45 - Citer et répondre |
6006 messages
Inscrit le: 27/05/2005
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La critique est une profession au même titre que celle d'auteur professionnel. Un auteur (et c'est mon cas) est souvent mauvais critique ( et vice versa). Je n'ai pas, par exemple, les connaissances littéraires de Lancelot. Il ne m'est donc pas possible de juger avec autant d'esprit - au sens large- que lui. Mais nous ne parlons de critique que dans le cas le plus favorable, qui est celui d'un critique qui en est un. Il n'est évidemment pas normal de juger un texte que l'on ne comprend pas. J'ai constaté dans de nombreux commentaires (positifs) que le lecteur/critique n'avait rien compris à ce qu'il avait lu. Alors quel est le but de la critique sur ILV ? Auteur corrige auteur et auteur corrige auteur... etc... Cela n'est guère satisfaisant. De plus, il y a tant de textes sur ILV que s'il fallait tout lire chaque membre devrait y passer tout son temps. Je conseille donc d'écrire sans autre désir que d'écrire. Le reste importe peu. |
| Pangloss | Ecrit le 25/07/2008 à 11h27 - Citer et répondre |
166 messages
Inscrit le: 05/07/2008
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Mmm... justement dans ILV les "lecteurs" (comme moi), on l'espère plus nombreux que les auteurs, peuvent écrire des critiques et c'est intéressant. Maintenant , l'abondance de biens sur ILV pose un problème, mais pas plus qu'une grande librairie d'édition papier ;-) Quand j'étais ado (début des années 60) je lisais les livres de poche -poésie dans l'ordre de leur parution. Puis j'ai travaillé , milité, fait des enfants, et ce ne fut plus possible. Maintenant, il faut que l'on me dise "lis çà !" pour que je cherche un moment pour le lire. Donc la critique m'est plus que jamais utile. Et le peu que je lis dois m'aider à vivre précieusement le temps qu'il me reste à vivre, donc faut que je le digère bien. Une suggestion (pour Thomas Boitel) : on devrait savoir si un texte ILV contient un commentaire dès que l'on a son titre et sans avoir à cliquer dessus. Je veux dire dès le niveau : http://www.inlibroveritas.net/auteurxxxx.html Je prends l'exemple de S. Quémener, que j'aime bien mais pas toujours. Elle fait une entrée par poème, par opposition à F. Ségeste qui donne des petits paquets de poèmes. Donc Sonia a 40 pages d'énumération de titres au niveau http://www.inlibroveritas.net/auteurxxxx.html ou quand je fais "Quémener" sur "Rechercher" (pour Ségeste : 2 pages et demi). Où cliquer là-dedans ? Le fait qu'il y ait déjà un commentaire n'est pas la preuve que le poème est bon mais qu'il a déjà intéressé quelqu'un. Autre solution : des lecteurs-défricheurs écrivent des critiques littéraires dans le forum. Ils ne font que qu'allumer une lampe torche dans la caverne d'Ali-Baba ? c'est déjà ça. Ils feront des critiques promo de complaisance ? on ne les suivra pas (sur ILV on fait un clic sur l'oeuvre et on se fait un avis , comme on feuillette un livre en librairie). Il y a dans Le Monde, Libé et Telerama des critiques dont je ne lis plus les avis. |
| Vincent Jost | Ecrit le 26/07/2008 à 00h29 - Citer et répondre |
1993 messages
Inscrit le: 26/10/2005
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c'est vrai que jusqu'à présent la plus part des critiques etaient exclusivement des critiques d'auteurs à auteurs. Je ne dis pas que cela enlève de la hauteur aux critiques, mais un auteur étant par nature un artiste, il est gouverné par son univers. Par contre, un lecteur avisé peut nous lire et essayé de nous décrypter avec les moyens dont disposent les lecteurs. Des techniques de décryptage de nos mots afin de révéler toutes les composantes de notre solution initiale. Combien de fois ai-je lu dans des commentaires des choses que je ne savais pas avoir dites. Et pourtant, après révélation, je ne lis plus mes poèmes de la même façon. Donc oui ILV a aussi besoins de commentaires faits par des lecteurs et les auteurs ont besoin de ces commentaires pour progresser, pour redécouvrir parfois leurs propres écrits. Lecteurs d'ILV, n'hésitez donc plus à vous inscrire sur le site afin de pouvoir nous critiquer. Après tout, nous vous mettons à disposition nos oeuvres, si ces dernières vous ont touchés ou si vous aviez des conseils à nous donner, les auteurs seraient ravis de connaître vos retour. A bientôt sur d'autres vers. |
| Pangloss | Ecrit le 26/07/2008 à 02h00 - Citer et répondre |
166 messages
Inscrit le: 05/07/2008
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Oui, il faut que les lecteurs-trices collaborent au site ! s'inscrire, c'est quelques secondes ! A part ça (pour répondre à Vincent et encore à Bernard), c'est vrai que critique et auteur c'est pas le même "travail" , c'est vrai qu'il y a un biais chez un auteur ("son monde"). Mais d'abord chez les lecteurs aussi (il y a toute une partie d'ILV que je ne lirai pas parce que "c'est pas mon monde" et quand j'y vais je ne commente pas, je n'y connais rien , même si ça me semble pas mal fichu). Mais le point de vue d'un auteur qui se fait lecteur est très intéressant aussi. Mallarmé a été un très grand critique et théoricien littéraire, il y a même une tendance aujourd'hui dans les facs (m'a dit ma nièce) à ne plus voir que ça en lui. Proust a écrit un "Contre Sainte Beuve", Péguy a écrit un magnifique "Victor-Marie, comte Hugo". On y trouve des dizaines de page lumineuses sur Booz endormi, un des plus beaux poèmes de la littérature française, et je n'hésiterais pas à dire que le commentaire de Péguy est "décisif" : on ne peut plus relire Booz endormi sans se dire "Oui, c'est bien ça". Quand donc Vincent dit que le lecteur voit des choses que ne voit pas l'auteur lui-même, c'est normal , surtout en poésie. Le poème est une note riche en harmoniques diverses qui font viber chaque lecteur (qu'il soit par ailleurs auteur ou pas) selon sa sensibilité et son expérience de la vie. Par exemple , j'ai écrit un jour un commentaire de Booz endormi très différent de celui de Péguy, ne serait-ce que parce que je suis agnostique. Message édité le 26/07/2008 à 02h06 |
| Bernard Lancourt | Ecrit le 26/07/2008 à 02h17 - Citer et répondre |
6006 messages
Inscrit le: 27/05/2005
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Vincent a en effet raison. Les auteurs comme dit Verlaine : " vénèrent des dieux auxquels ils ne croient pas " c'est à dire que bien souvent ils n'écrivent que ce que le lecteur pense ou voit. N'oublions pas aussi que les auteurs parfois masquent délibérément le fond de leurs oeuvres et ainsi faisant, ils déroutent le lecteur. Pour ajouter un mot sur Mallarmé, je voudrais dire qu'il était prof d'anglais et qu'il a écrit un livre qui est un chef d'oeuvre sur les mots français que l'on retrouve dans la langue anglaise. On a souvent dit que Mallarmé écrivait ses poèmes " en clair " et qu'ensuite, il utilisait une " clef" pour coder le poème. Si cela est v rai, il perd beaucoup de valeur à mes yeux. Dans le cas contraire, c'est un génie. Message édité le 26/07/2008 à 02h17 |
| Fredleborgne | Ecrit le 26/07/2008 à 12h07 - Citer et répondre |
5646 messages
Inscrit le: 24/11/2006
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Doit on systématiquement parler de "critique" ? L'art de la critique est en effet difficile. Mais un simple avis/commentaire a quand même le droit de dire pourquoi on a ou on n'a pas aimé tel texte (en effet, pour prétendre critiquer l'auteur, il faut avoir tout lu de lui). Qu'on soit auteur ou lecteur, quand on met un avis, on est tous lecteurs. Quand on est auteur soi-même, on peut glisser quelques conseils, vers l'auteur du texte, ou vers les autres lecteurs pour encourager ou décourager la lecture par des remarques justifiées. Si les grandes oeuvres réclament de grands critiques, certaines oeuvrettes peuvent bien avoir un avis favorable ou défavorable. C'est la loi du net : on s'expose aux vues donc aux jugements, plus ou moins justes. On veut voter pour sa fac, son prof, son docteur... On vote pour les vidéos, pourquoi pas pour les oeuvres littéraires ? Qu'importe pour moi de savoir quel est le niveau intellectuel de ceux qui n'aiment pas ce que j'écris. Leur avis m'intéresse aussi, surtout quand ils disent pourquoi, même si c'est "trop de mots", "j'ai rien compris"... Ce lectorat existe et m'a fait l'honneur de sa visite. Je me souviens d'une remarque d'Alain Galindo qui a écrit "pourquoi le poète doit-il être obscur ?". Je n'avais pas le sentiment d'avoir écrit un texte obscur, mais j'ai expliqué quelques clés. Ensuite, si les commentaires de gens plus avisés (pardon Alain, je ne parle pas de toi comme personne non avisée comme pourrait le suggérer le texte), me confortent dans l'idée que mon texte est bon, mais assez "confidentiel", je sais que je ne suis pas un auteur "populaire", c'est tout. A moi de choisir la cible. A ce propos, il faut éviter de tomber, comme pour les "chaines généralistes", dans des objectifs dégradants qui permettent aux nuls de le rester tout en roulant dans la fange qu'on leur fournit pour des raisons d'audience et de pub (avec des "jeux de mots bien cons). N'empêche que j'aimerai aussi être populaire. Cela voudrait dire que la majorité des gens ne seraient pas si bêtes. Il n'empêche qu'un commentaire de personne qui fait dix fautes d'orthographe par ligne mais qui ne me parle pas en SMS me fera toujours plaisir, car la personne viendra sur ILV pour trouver un loisir intelligent et participer au développement de la littérature équitable, et de la culture "issue de la population" et non d'une "pseudo-élite" qui occulte la réalité de la culture de la population avec ses valeurs souvent dévoyées et à son profit. Par contre, que des "critiques reconnus" nous proposent des critiques de textes d'auteurs ILViens "de qualité" (la critique et j'espère les auteurs), ce serait un plus. Mais y'en a t-ils qui se pensent capables d'être ces critiques ? En attendant, les essais 'sincères" de certains, s'ils ne sont pas de la critique, peuvent être, quand ils s'appuient sur de bons textes, des indicateurs intéressants pour ceux qui ne connaitraient pas encore Bernard Lancourt et toute une liste de copains, en plus avec un beau brin de plume, que je ne voudrais pas étaler ici. Message édité le 26/07/2008 à 12h08 |
| Membre du comité de lecture | |
| Melina Nilles | Ecrit le 26/07/2008 à 12h24 - Citer et répondre |
1967 messages
Inscrit le: 16/06/2008
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Bonjour les amis! Je constate que tout le monde est bien installé et je m'empresse de vous remercier de votre participation. Etant débordée aujourd'hui, j'aimerais néanmoins poser la problèmatique autrement. Soit: j'ai écrit un jour que toute oeuvre critique est un mal nécessaire. Et j'en suis de plus en plus convaincue! Mais d'abord, regardons de plus près peut-être si nous sommes dans le même train, le même bateau, le même tapis volant, qui sait!^^ un petit rappel ne nous nuira certainement pas... Critique: Cet adjectif utilisé en 1372 par un certain Corbichon, médecin de son état,prenait alors le sens de difficile, décisif. Et puis, Boileau l'introduit en littérature. Le sens étymomogique général étant discerner, du grec krinein,kritikos[/b],la critique pour (1562) Rabelais signifie diminuer et pour (1611) Cotgrave relever un défaut! Ce rappel est très certainement un mal nécessaire car nombreux sont les amalgames(mot à la mode de l'arabe al-mulgam, terme d'alchimie (de l'arabe al-kimiyia, du grec khêmia: magie noir de l'égyptien: kem: noir) entre la critique et le commentaire, expliquer avec l'esprit (mens) contenu dans la racine! Voyez-vous mon dessein? Et puis il y a l'impression. Donner son impression, donner son avis, donner un conseil. Exprimer un ressenti. (Je dois vous quitter, en vous souhaitant une bonne journée) Message édité le 26/07/2008 à 12h38 |
| Adella | Ecrit le 26/07/2008 à 13h34 - Citer et répondre |
97 messages
Inscrit le: 01/06/2007
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Ce débat est très intéressant... et je reviendrai lire les commentaires avec plus d'attention... Quand je lis... je deviens malgré tout critique (enfin me semble-t-il...) malgré moi, puisque mon mental, mes sens réagissent à ce je lis. Quand j écris (même si pour moi est d'abord un acte de pur plaisir solitaire par lequel je me pose et j'extrais de moi ce qui veut exister de moi) atteindre un autre que moi-même, à travers son "décryptage" et ses sensations propres, personelles, intimes, me fait réfléchir. Par contre : comme j'aime en savoir "plus" sur la personnalité, les pensées, les "oeuvres", les actes... sur celui qu eje lis (bienheureuses biographies...), j'aime en savoir plus aussi sur celui ou celle qui me lit. Soit par ses oeuvres, si modestes ou honorables et honorées soient-elles, soit sa biographie. Parfois, on peut trouver matière à rencontre (le net y aide) parfois non... car les pseudos sont trop "déjantés" et/ou aucun écrit de ou sur qui puisse tant soit peu aider la re-connaissance ou rencontre. La "rencontre" est là... enfin me semble-t-il. Mais peut-être cela provient-il de mon esprit trop "curieux" des autres... ? Merci en tout cas d'avoir lancé ce sujet... qui renvoie à une autre réflexion : qu'est-ce que "l'art ?" |
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