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Critiques postées par d'autres
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Un récit brûlant comme un cul-sec, pour chercher à se perdre dans les noirceurs du désespoir, jusqu’à en toucher le fond un bon coup et se propulser laborieusement vers la surface. Si tout passe toujours, alors concentrons-nous sur la durée du plaisir.
Connard. Donc. Une provocation lancée à la gueule du lecteur, une course aveugle dans les méandres neuronaux d’un écrivain en crise. Ca crisse, ça coince, ça ne s’engonce pas en forme. Il faut que ça court, que ça avance au rythme le plus débridé, ne surtout pas pauser, ne surtout pas s’attarder, nous sommes dans la réalité, nous sommes dans l’imaginaire, nous sommes livrés au bon vouloir de cet auteur furibard. Et de cette rage nerveuse émerge finalement un récit en filigrane, cohérent pourtant, prenant, assurément, qu’on ne peut que bâfrer en mettant des miettes partout.
On commence cet ouvrage par un sourire un peu triste, parce que ce grand garçon, ce petit Nicolas malheureux, garde encore assez d’innocence pour la colporter à travers ses mots. Puis, doucement, insidieusement, le sourire s’estompe pour ne laisser que la tristesse. Rien n’est drôle, pas même amusant, suivre la déréliction de cette famille est lentement éprouvant, suivre ce petit garçon ne plus croire en sa mère fait doucement mal, au point de presque se sentir soulagé quand se profile la fin de la première partie.
Le rebondissement qui suit est saisissant, la rupture temporelle bénéfique, le ton s’en ressent, le propos également. On ne sourit pas plus mais on se prend à espérer, un peu, un rien, que ce petit garçon revenu à la vie dans la peau d’un adolescent se trouve un meilleur destin que celui auquel il s’était promis.
L’auteur ne nous fera pas cette grâce. Bien au contraire. Ce qui paraissait une descente aux enfers dans la première partie semble rapidement bien dérisoire, alors que l’esprit se désagrège à un rythme alarmant, enfermés entre des murs qui ne sont pas seulement blancs et gardés pas des infirmiers.
Arrive enfin la fin, ou son absence, plus exactement. Un projet, une intention, un plan, puis rien. Le silence. La disparition. Le narrateur a abandonné ses cahiers, nul besoin d’être devin pour en comprendre la raison, et on reste là, un peu ballant, marqué par ce voyage dans l’esprit d’un autre. Eprouvé. Autant que lecteur enchanté par la qualité de cet exercice d’aliénation.
Merci pour ces heures de lecture.
Etonnant.
Une plongée vertigineuse, une remontée inattendue autant que désirée.
Il est rare qu'une oeuvre pornographique, et le terme ne se veut nullement réducteur, rare donc qu'une telle oeuvre se risque avec un tel bonheur dans les eaux troubles du BDSM sans l'encenser. Ici, on peut difficilement ne pas comprendre comme l'héroine s'abandonne à ce genre, ni comme elle peut ressentir le besoin de s'en affranchir.
J'en sors donc ravi, et peine grandement à exprimer tout le plaisir, sans mauvais jeu de mots au demeurant, que m'auront procuré vos lignes.
Merci, oui.
Donc. Que dire de constructif sur un tel morceau maintenant que la dernière page est digérée ?
Que j’ai aimé ? Oui. Indubitablement. Je ne suis pas masochiste au point de me griller les yeux des heures durant sur un fichier PDF que je ne peux pas me permettre d’imprimer tant il est volumineux. J’ai aimé, à m’en laisser hypnotiser, parce que l’écriture est telle que j’apprécie : un style sec, sans effet superfétatoire, délivré au présent de l’action, lequel n’accentue que plus la contemporanéité de cette histoire, sans pour autant sombrer dans la facilité d’une langue ajustée au « best-selling ».
Un bémol toutefois, peut-être simplement lié à un souci technique. J’ai pu constater, à trois occasions au moins, que des paragraphes entiers faisaient doublon, comme un mauvais départ, puisqu’en début de chapitre, chaque fois, comme un scratch sur une platine. La première fois j’ai pensé bug. La seconde j’ai esquissé effet de style. La troisième je ne savais plus. Autant le problème de conversion en PDF semble probable, autant ces … sautes dans la matrice s’accordent finalement assez avec la virtualité permanente du récit, comme une saute de tension faisant vaciller un instant l’éclairage du moniteur. Je m’interroge encore … Et faute d’avoir pris des notes, je serai bien en peine de les resituer.
Pour ce qui est de l’histoire. Un sujet on ne peut plus contemporain, des problématiques faisant écho à une actualité, sinon des derniers instants, au moins de cette présente décennie implantée sur internet par clavier interposé, des personnages assez riches et on ne peut plus vivants. La trame d’ensemble est un bonheur.
De fait, la première partie, subversive en diable, est enthousiasmante à souhait. D’y avoir ressenti l’influence de Palahniuk ne nuit en rien au plaisir ressenti, au contraire. Et les pérégrinations du camarade Boris ont le charme du parcours initiatique, voire d’une déconstruction de notre société occidentale de l’intérieur.
La deuxième partie s’amorce sur une marche qu’on n’aurait pas vu, on vacille, décontenancé, saisi par cette rupture, changement de protagonistes, changement de décor, reconsidération du mythe de la première partie. C’est troublant, un peu frustrant, pourtant l’immersion se fait rapidement, insensiblement, et d’être passé de l’autre côté du décor, dans tous les sens du terme (réalité au lieu de virtualité, enquête policière au lieu de plongée en milieu interlope), ajoute au plaisir. L’officier devient aussi attachant que l’ami Boris, notamment de le démystifier méticuleusement, l’investigation s’enfonce un peu plus loin dans les méandres de la Toile Vorace pour notre plus grand plaisir, et on se laisse guider jusqu’à une nouvelle redéfinition de la réalité, inattendue, j’en conviens, et plus encore frustrante dans la mesure où cette seconde redéfinition nous promettait justement d’éclaircir la chute de Boris.
Là le bât commence un peu à blesser. Deux tromperies successives, assez brillantes pour nous emporter chacune à son tour, et pour toute conclusion, ni fin ouverte à proprement parler, ni véritable résolution non plus. Non. Une lettre comme un deus ex machina, une lettre comme un artifice de narration, pour justifier un peu le tout, et tâcher accéder à un terme qui semble s’éloigner plus que jamais.
Alors, déçu ? Légèrement finalement. Tant de plaisirs, tant d’échos, tant d’immersion pour conclure aussi abruptement, aussi … facilement … bien ça laisse un arrière-goût un peu amer.
Néanmoins, oui, ce fut un plaisir d’aller jusqu’au bout de ces pages, et oui, indubitablement, il y a là quelque chose de véritablement original et prometteur.
Ne reste plus qu’à prendre connaissance de la note d’intention de l’auteur.
J'ai commencé sur la seule foi d'un titre en phase avec certaines interrogations.
J'ai hésité sur le premier chapitre, le bon me semblait moindre que le commun.
J'ai poursuivi sans faire attention, simplement pris par les différentes perspectives entremêlées.
Je suis pris, rechignant à ne pas finir un chapitre après l'autre, alors que je dois conjuguer avec les disponibilités de l'ordinateur.
Alors je serais bien en peine de rendre un avis formel au stade où j'en suis, une douzaine de chapitres au mieux, mais peux tout de même témoigner du plaisir qu'inspire ces premières pages.
De la délicatesse du sujet
>ronchon : Je conçois l'écriture avant tout comme un besoin de se libérer, par les mots, les idées, la mise en histoire, livrer sur le papier ou l'écran ces pensées qui vous occupent et tournent en boucle. Un exorcisme.
Ce texte est la conséquence d'une lecture d'article, et ne l'aurais-je couché en lignes qu'il me hanterait encore.
En revanche l'emploi de "se repaître autrement que par les récits d'une condamnation pénale" me dérange, pour la simple et bonne raison que nombre de ces histoires n'accèdent jamais au niveau pénal (par ces histoires j'entends les abus d'enfants des plus simples aux plus organisés), et les dire, ne serait-ce que par la fiction, revient à les extirper un peu de l'ombre dans laquelle ils s'opèrent. Je n'irai pas jusqu'à parler de dénonciation, je n'ai pas cette prétention.
De même, je ne crois pas à la délectation du lecteur, du moins ne crois-je pas qu'un lecteur susceptible de s'en délecter ait besoin de moi pour y parvenir.
Pour tout vous dire, je ne crois pas qu'il faille taire, au motif que certains y trouveront matière à "affiner leurs perversions", pour la seule bonne raison qu'avant eux il y a nombre d'enfants, de tous âges, silencieux, susceptibles de trouver là une reconnaissance, voire un encouragement à dire.
Des avis en vrac, troublé par votre commentaire ...
Pas de suite, non, bie...
Pas de suite, non, bien qu'il eût en effet été intéressant de connaître la position de l'autre protagoniste ; ce qui devait sortir l'a été, au bon moment, y revenir manquerait de naturel.