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Critiques postées par Pangloss
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Quotidien et littérature
Je n’ai pas eu l’occasion de lire « l’exécrable » version du 2 août, mais je trouve celle-ci (du 17 août) très bien. Si c’est grâce aux commentaires d’ILV, cela prouve qu’ILV est une excellente institution.
Sur le fond, d’accord avec Agnès, mais j’ai beaucoup aimé en plus ce personnage qui fait de la littérature dans son mystérieux cahier, de la littérature sur ce qui lui arrive, arrive aux autres, et n’a rien de flamboyant. Hier, j’ai relu par plaisir, oui par plaisir, le livre atroce de Charlotte Delbos, « Aucune de nous ne reviendra ». Je l’avais lu il y a 38 ans (elle l’avait écrit quand même 25 ans après les faits…), je l’avais lu avec émotion et horreur , et l’ai relu pour le plaisir parce que, dans mon souvenir, c’est remarquablement écrit et dit des choses remarquables sur la condition humaine. Evidemment , elle n’aurait pas pu être dans son coin avec un cahier, elle a dû tout recréer après (elle dit que ce n’est pas forcément vrai, mais véridique)…
C’est un peu (toute proportion gardée, hein !!) le paradoxe de la femme au cahier mise en scène par Melina dans cette salle d’attente bien plus universelle que l’institution qu’elle évoque…
Ca ma rappelle la question « Vous n’avez rien de mieux à faire ? » (http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre17442.html). Et ça me rappelle la réponse « et c’est exprès » (http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre18681.html).
Sur "Etude"
C'est incroyablement réussi, comme le "Clavier bien tempéré" de Bach, qui se voulait étude et se révelait chef d'oeuvre. Une fugue expérimentale à trois voix qui , sur la base de plusieurs métriques et leur superpose d'un part une logique, une ligne mélodique du rythme, et une logique du signifié, une ligne mélodique du sens. J'en suis baba.
Bon, ça fait un peu musique expérimentale et on dira que ça manque de sentiment, mais quelle prouesse !
Voi, que sapete...
C'est très mozartien (ou lacanien).
Moi aussi j'attends la suite !
Mais je croyais que c'était une question que les très jeunes garçons adressaient au belles dames ?
Un peu trop régulier
Pas d'ac avec la critique de Colson sur la "banalité", mais en découvrant la poésie de Bernard je suis surpris par ce "retour au classique" (disons fin XIXè, qui n'est pas la pire en poésie, hé, hé). Genet a appris la poésie en lisant ça (enfant de l'Assistance dans le Morvan, il avait trouvé un Verlaine dans une poubelle) mais il a poussé le vers régulier à des fulgurances.
Vous semblez un peu bridé , Bernard, par la régularité : toutes les coupes à l'hémistiche. Bon c'est un vieux debat entre nous : il ne faut pas confondre la métrique et la prosodie, il ne faut pas abuser de la ponctuation car c'est le souffle du lecteur qui commande, etc, je ne vais pas continuer à vous casser les pieds sur ce débat. C'est votre goût actuel, comme Picasso a eu une période classique.
Quelques détails cependant. L'allitération en "plus" est un peu gênante quand le mot "plus" n'est pas le même grammaticalement (Je ne sentirai plus qu'un peu plus de tristesse/
Un peu plus de regrets...) . Mais bon, c'est un problème classique de la traduction de The raven.
Même problême avec le vers 10. Les allitérations sont perturbées par la complexité des antécédents. Si l'on recherche un effet simple, faut pas en même temps compliquer: ça agace le lecteur qui recherche "nous l'emporte quoi ? et ne voit plus les allitérations en l et n que comme des répétitions.
Il est très facile de corriger ces deux vers dès qu'on renonce à votre pari de la régularité et je crois que ça l'améliorerait. A vous de voir !
Réussi
Inspiration et réalisation baudelairienne, du niveau de l'original, bravo ! Comme Etienne Eschenbrenner j'ai des réserves sur au moins une "saccade" dont l'utilité n'est pas évidente ici (son/visage).
En revanche "ressent des pensées" ne me choque pas. D'où viennent les pensées mauvaises du délateur ? de l'inconscient ou du surmoi ? Qu'éprouvait le délateur qui a fait envoyer mon père et sa famille vers les camps d'extermination ?
Quotas etc
Bonjour Fred
Là, on sort évidemment de la littérature pour rechercher des solutions concrètes, parce que ça urge (il reste 7 ans pour agir, selon Stern). Et on doit s’en tirer en pensant d’abord aux plus démunis (cf pour s’en tenir à mes pq de juillet : http://lipietz.net/spip.php?article2244). La méthode des quotas est alors très supérieure à celle de l’écotaxe du point de vue de la justice sociale et environnementale (cf http://lipietz.net/spip.php?article2237). Je sais que pour beaucoup de gens progressistes ce n’est pas évident, mais si vous vous intéressez aux dures batailles du PE, vous trouverez beaucoup de choses là : http://lipietz.net/spip.php?mot24, car c’est un vieux débat. Si vous n’en lisez qu’un : http://lipietz.net/spip.php?article181. Dans ce dernier article, je vais au plus simple : avant de faire des quotas et des ecotaxes, avant de s’attaquer à la pollution, s’attaquer à la distributions des richesses en donnant de quotas gratuits aux mois riches.
Mais le fond du problème c’est que les injustices sont déjà tellement fortes avant de s’occuper du climat c’est qu’il faut de tout façon une grosse bataille redistributrice indépendante du problème ecologique.
Amitiés
La réalité dépasse la fiction
Très joli conte philosophique, très bien raconté, chute marrante. Et très bien expliqué. (ah ! qui eût cru qu’un jour on expliquerait que le frigo est une petite pompe à chaleur , et pas l’inverse ?) Je crois que j’ai tout compris et demain je bricole mon frigo. On doit pouvoir simplifier le procédé en ne réinjectant pas l’eau dans le frigo, ce qui évite de faire un trou. C’est plus lent, mais conformément au second principe de la thermodynamique ça consomme moins d’énergie.
Comme la réalité dépasse toujours la fiction, j’ai un beau-frère qui installait des usines de désalinisation de l’eau de mer à Abou-Dhabi (pour une filiale de SGPM, la SOCEA ou un truc comme ça. Le procédé est en gros celui de Fred). Comme H2O est en effet rigoureusement imbuvable (sauf bien sur avec du pastis, interdit à l’époque dans ce pays musulman), il fallait la re-minéraliser un peu, et il copiait effectivement des eaux existantes. On ne lui a pas fait d’ennui, car il ne l’a pas dit.
À part ça, il ne faut pas taper comme un sourd sur les « appellations d’origine géographique ». C’est comme ça qu’on essaie de faire accepter par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (WIPO ) la rémunération des connaissances traditionnelles des peuples indigènes sur le « viagra andin ».
Ooops !
Le second comm porte évidemment sur "les copieurs d'eau"
J'aime mais...
C'est un joii conte philosophique ecolo-noir. Peut être la chute est-elle un peu insuffisante (tant qu'à faire il pouvait récupérer les milliquotas de sa télé pour acheter des crayons).
Sur le fond c'est le tableau d'une société écolo non-solidaire. Horrible et désespérant. C'est pourquoi la solidarité est à la base, une condition zéro, de l'écologie. Comme dit la définition de l'ONU : "Un modèle de développement soutenable est un modèle qui assure les besoins de tous, EN COMMENCANT PAR CEUX DES PLUS DEMUNIS, sans compromettre la capacité des généarations suivantes à satisfaire les leurs".
Bouleversant
Rien à rajouter à Emmanuel et Francine sur tout le début du poème, subtil et bouleversant.
Après le niveau émotionnel atteint aux trois quarts du poème, la difficulté était de terminer, sans mièvrerie, le recours au mystère semblant déjà épuisé. J’admire la façon encore plus belle dont Jean Pascal s’en tire dans les deux derniers vers, comme une ligne de fuite simplement familière, et tout aussi émouvante par son universalité.