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Critiques postées par claudie
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Francine nous a quittés
Ma belle et douce amie est partie... mais quel vide soudain me tenaille telle une spirale ? je le savais pourtant... je ne le voulais pas... je ne l'accepte toujours pas. Mes larmes restent étranglées et je maudis ce cancer qui nous raffle la beauté de son âme.
Alors, je regarde ce beau sourire sous cette casquette, je regarde encore et encore et enfin mes larmes coulent tant et tant que je les sens sillonner mon visage. Tu vois Francine, cette ride se creuser sur mes joues ? C'est l'empreinte de ta mort que je porterai dans la mienne quand nous nous retrouverons.
Nous finirons alors notre conversation interrompue à jamais à l'hôpital, nous parlerons de ce que les femmes ont à dire à l'identité masculine, de la folie des hommes à tirer la vie dans le sang et de notre obstination à la donner dans le sang, nous parlerons de ces enfants, les nôtres, les leurs, des filles de nos filles, de nos amours, du mal qu'ils nous ont fait, du bien que nous gardons d'eux. Dis au Tout-Puissant qui n'existe pas, qu'il me garde une petite place dans rafiot perdu tout près de toi. Adieu ma douce et belle amie.
Des mots pour le dire, un chant de flûte pour le jouer, une fille pour le danser, une lettre sans destinataire pour le lire...
Décidément les trains ont la magique manie de nous faire lire et voyager dans l'irréel avec le réel. Je viens d'engloutir d'une traite Trames Etranges et ne trouvant pas de page de commentaires pour l'ensemble du livre, je choisis ce conte pour en parler.
Sûrement celui qui m’a paru le plus essentiel dans son contenu. Cette femme, qui n'est autre que la conscience des hommes, celle dont ils rêvent mais qu'ils bafouent. Celle des "braves gens" qui, lors d’un instant de grâce, deviennent de vrais humanoïdes, pour retrouver au plus vite leur médiocrité, de cette médiocrité qui lapide l'essence même de leur existence.
En lisant ce conte, j'entendais en calque, la chanson de Brel, tant l'une et l'autre sont issues d'une même fratrie :
Sur la place chauffée au soleil
Une fille s'est mise à danser
Elle danse toujours pareil
Aux danseuses d'antiquité.
Ainsi certains jours paraît
Une flamme en nos coeurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
...
Sur la place un chien hurle encore
Car la fille s'en est allée
Et comme le chien hurlant la mort
Pleurent les hommes leur destinée."
Paroles encore un peu naïves du jeune Brel mais puissante dans son interprétation. Mots puissants de Francine, qui nous quitte en nous laissant, par la beauté de son écriture, ses contes de l’au-delà, un morceau de cette conscience en chacun de nous.
Francine, alias Nuage, alias Trésage, vers quelle contrée pars-tu ? Enverras-tu
aux misérables terriens que nous sommes, une lettre sans destinataire ou bien ce chant de flûte d’amour et de beauté comme celui que tu nous as transmis sur cette pauvre Terre, bien malmenée ? Si j’avais su mieux te connaître encore plus tôt… Claudie
avec Trames Etranges
je développerai plus tard cette merveille de retour en France, les claviers qwertz ne sont pas simples.
Si Francine vous était...
Si Francine vous était contée, Jost, elle ne pourrait mieux résumer ce qu'elle est et vit par ses mots : "Déjà la mort s'avance...La vie véhémente Ne souffle mot
D’un corps elle n’a que faire Du monde elle s’émerveille." Elle n'ose pleurer et moi j'ai du chagrin, un gros chagrin pour elle, pour sa souffrance silencieuse et pour son amour de la vie.
J'ai rencontré Francine sur un plateau de télé, animé par un idiot, entourée de femmes écrivains. Moi, je n'avais rien écrit du tout, je témoignais sur la difficile relation mère-fille. Il s'est passé quelque chose de si fort entre Francine et moi que j'en suis encore toute surprise et émue. Les autres écrivaines me snobaient mais ce n'était pas grave, car je venais de faire une rencontre unique qui passait par les mots vrais et les silences.
"Du monde elle s'émerveille"... nous nous sommes émerveillées dans une complicité sans lendemain, juste par le bonheur de savoir que l'autre existe. Quel délice !
Aussi ses poésies cognent dans mon âme comme un écho aux amours de sa vie. Avez-vous déjà vu ses yeux ? Plus grands, plus beaux que jamais dans ce corps décharné par ce foutu cancer. Alors, lisez ses poèmes et vous saurez combien ses yeux ont l'immensité de la mer(e).
certains vivent avec l...
certains vivent avec les lézardes de leurs vies, d'autres les quittent ou sont poussés à les quitter pour ne pas avoir à les affronter. C'est ainsi que j'ai perçu cette cité de nos solitudes...
C'est un peu comme rêver de partir, faire ses valises et les poser sur le quai en regardant le bateau s'éloigner dans un impossible rêve. Destins sans jugement lus d'une traite dans le train...avec un réel plaisir.
Les avions qui frôlent...
Les avions qui frôlent Longjumeau m'agacent parfois, mais il y a un je-ne-sais-quoi de familier dans cette ville qui me touche. Maintenant, je sais ; c'est l'ombre de Francine, de son enfance, de ses errances qui a imprégné cette délicieuse cité.
A chaque fois que je m'y retrouve pour donner mes cours, je sens son souffle de vie et c'est sûrement elle qui m'inspire. Voilà une mère qui a eu bien de la chance d'avoir eu cette fille là qui écrit avec tant de délicatesse !