InLibroVeritas remercie les 123 lecteurs, auteurs et sponsors nous offrant leur soutien (voir la liste / apporter votre soutien).
Navigation : InLibroVeritas.net > Critiques à propos des oeuvres > Sonia Traumsen > Critiques postées > Page 1
Critiques postées par Sonia Traumsen
In Libro Veritas permet aux lecteurs de donner leur avis sur les oeuvres publiées sur le site. Ce geste encourage fortement les auteurs et leur permet de recevoir des critiques constructives afin d'améliorer leurs écrits. C'est aussi le lieu où vous pouvez laisser éclater toute votre admiration pour un auteur méritant d'être connu et reconnu.
- Votre livre papier
- ILV vous permet d'acheter un livre papier comportant les oeuvres de votre choix.
- Edition classique
- Publiez votre livre
- Avec ILV-Edition, sous licence libre ou non, en gardant tous vos droits
- Publier un livre en auto-édition
- ILV Bibliotheca
-
- Notre catalogue éditeur dispose maintenant de son propre site.
- Le Mur d'ILV
-
- Amandine soutient ILV
- Le lendemain, il est tendu, irritable, sombre. La journée s'écoule tant bien que mal. Il attend la débauche avec anxiété, mai...
- Newsletter
- Recherche
- Lecture libre...
-
- Romans / Nouvelles
- Humour
- Actualité
- Poésie
- Informatique
- Théâtre
- Essais / Critiques
- Tribune libre
- Biographies / Témoignages
- Documents
- Contes et fables
- Jeunesse
- Vie pratique
- Économie/Finances
- Sciences humaines
- Sciences / techniques
- Correspondances
- Scénarios
- Chroniques
- Thèses
- Esotérisme / Spiritualité
- Citations
- Philosophie
- Textes fondamentaux
- Lyrics - Chansons
- Concours de nouvelles « Les futurs du 3e ! »
- Plus de lecture...
- À découvrir
-
Christian Epalle
Le temps d'un mensonge
Une machine à remonter le temps, une secte, un...
Confidentialité | Conditions générales de vente | Questions fréquentes | Partenariats | Nous contacter
© 2004-2012 Reverbere.net. In Libro Veritas est une marque déposée.
Crédits complets | Propulsé par : Reverbere |
In Libro Veritas soutient Les Petits Bouquins du Web














En première lecture si je lis les lignes d'hystérésis qui parcourent encore la lectrice naïve d'après la fin des temps, j'ai trouvé aussitôt l'idée originale, ou plutôt le ton, dans son rapport à cette idée de fin du monde si galvaudée.
Pas de panique, on dirait que ça se passe tous les jours, ou bien que l'on s'est entraîné en simulation bien avant, comme si ça ne surprenait plus personne, la fin du monde, et en même temps on est content de pouvoir assister à ça en buvant une bière et en donnant le denrier flan à minou.
Il y a quelques flash d'humour qui valent bien une soucoupe volante. Quelques pararites cependant dans les ressucées lithurgiques sur dieu, qui apparaît comme un fantôme pas très intégré à l'action : son entrée en scène se fait pour ainsi dire dans les lignes, ce qui est dommage, il ne fait pas très original dans le paysage, et surtout ne s'accorde pas avec le ton du texte, qui selon moi aurait dû traiter dieu d'une autre façon; ou bien c'est moins le ton qui n'encaisse pas le coup, que la façon dont il se ramène, dieu, façon moins bonne par ex que la mort prématurée de Jonnhy, mort avant le clou du spectacle de la fin de tout, et qui sans doute ne peut pas se désoler et se morfondre dans sa tombe pour avoir raté ça.
Donc son entrée en scèn, de Jonnhy (l'homme du spectacle qui rate le spectzacle de la fin), fonctionne bien, contrairement à celle de dieu, qui fait comme un encart dans le texte, comme si on était obligé de le mentionner, ou de lui faire dire quelque chose comme ça par la bouche du narrateur.
Ensuite après dieu hélas on nous parle d'un petit président, et c'est dommage, car ça recadre la nouvelle dans la grisaille d'un pays particulier, avec ma foi une attaque facile, alors qu'au début de la Nouvelle on est dans un pays imaginaire qui pourrait être n'importe où, comme une anticipation de l'apocalypse. Et ça, ça fait du bien au lecteur, je veux dire, cet imaginaire là qui n'a plus de pays.
Moi cette histoire de président me rappelle trop un paysage qui n'est pas plus intéressant qu'un autre; du coup, alors que j'avais pris mon vol avec le texte, j'aterris dans la banalité quotidienne avec l'auteur qui soudain met la pression, bouscule le narrateur et parvient jusqu'à moi pour me rappeler que ce n'est pas n'importe quel monde qui finit, mais non, nous sommes en France, et du coup, le lecteur a l'impression que le monde n'est pas fini si l'on est à NY ou à Zürich, ce qui est dommage pour la fin du monde.
Il y a une sorte de déception, de lire qu'en fait cette fin du monde ne concerne que quelques privilégiés, les mêmes qui ont eu la chance de lire Fred LB sur ILV.
Le monde sur sa fin se referme en cercles concentriques jusque sur Frédéric M que tout le monde reconnaît sans le dire, et du coup, bon, on se sent concerné, mais réciproquement le texte qui avait décollé en soucoupe finalement s'écrase en bagnole, mais pas exactement dans le monde virtuel (bel endroit en effet pour finir le monde) mais sur ILV, où le virtuel est devenu trop familier avec les habitués. Du coup le lecteur lambda qui planait agréablement, sort du jeu, ou du moins il sent qu'on l'a sorti, sinon d'ILV et du texte, mais au moins de sa lecture.
On dirait que le texte avec sa différentielle de départ (ton/theme) n'a pas trouvé sa force de libération, ou bien que l'idée de départ était trop lourde pour l'auteur, qui ne s'est pas tenu à la hauteur de ses intentions, pour ainsi dire rattrapées par l'actualité parisienne, qui décidément semble être un trou noir pour nous sauver de la fin par une infinie et redondante critique, comme si on ne pouvait plus rien écrire sans le critiquer, et par conséquent comme s'il n'existait rien d'autre au monde qui méritât de finir.
Ce qui par contre passe bien au début, c'est cette idée somme toute possible que la fin du monde pourrait être annoncée sans créer ne serait-ce qu'un embouteillage, et là c'est fort parce que ça efface d'un coup tous les films catastrophe, et surtout, c'est vécu comme un spectacle, mais pas des plus gros (puisqu'on ne pourra faire mieux depuis la fin annoncée de Jonhy donné pour déjà décédé), mais vécu finalement à la TV, ce qui laisse entendre que les spectateurs vivent dans un monde au-delà du spectacle, tellement ils sont blasés.
On peut même se demander si en fin de compte ce n'est pas le spectacle du monde qui leur est devenu indifférent, ou bien si c'est la fin du monde elle-même, ou bien la fin du spectacle avec le monde.
Il vient par exemple à l'esprit certaines idées, puisque par ex on imagine assez bien, curieusement, ce spectacle de la fin du monde, à la TV, durer encore après la fin du monde; cette idée saugrenue mais somme toute pensable (donc avec une réalité plausible) qu'il y aurait encore des images du monde après la fin du monde, mais sans plus de spectateurs pour les regarder.
Bref je trouve que le foisonnement d'idées, plus intéressantes et baroques les unes que les autres, et produites par le contraste entre un tel sujet galvaudé et le ton du narrateur, donc que ce foisonnement, voire cette jubilation retombe même avant la fin du parcours, alors que l'on tenait bien un thème et de bonnes descriptions des scènes et de l'ambiance finales .
Finalement ce qui vient asourdir la jubilation, c'est en quelque sorte l'idéologie, ou l'anti-idéologie c'est selon, ou encore cette idée que, si le narrateur s'est détaché du monde au point d'être indifférent à sa fin imminente,l'auteur, lui, ne l'est pas, et d'autant que l'auteur, qui bien entendu parfois peut apparaître entre deux lignes d'un texte, cet auteur donc se redouble par un auteur connu sur ILV, et reconnu par ses lecteurs.
En fin de compte la fin du monde n'a pas eu lieu, parce que l'auteur, lui, n'a pas disparu, ou n'a pas su s'effacer devant l'idée qui est venue le visiter, dans un monde gris reconnaissable, duquel on devine qu'il voudrait y mettre fin, en écrivant cette nouvelle.
– I !
– Eo.
– Ici ?
– Bien.
– Quand ?
– Demain.
– Comment ?
– Pedibus cum…
– Jambis, cogno.
– Tu m’interromps
– Tu es trop prompt
– A me fâcher c’est vrai
– Tu es trop soupe au lait
– Je n’aime pas les non–dits
– Laisse hurler les loups la nuit
– Ils ont les dents pleines de sang
Collusion du fond et de la forme, il faut en convenir sans ironie et y aller boire pour voir, et comprendre, à l'insu de l'auteur je ne sais, la subtile forme de sein qui pointe là, au bout duquel on s'attend à voir perler le bonheur d'un parler latin in pedibus cum.
Ne remarque-t-on rien dans le cuniloukoum ? un délice qui vient, ça se ramène par ici, mais où, on se le donne en mille, ça vient. Mais c'est pas pour demain, c'est ici et maintenant à toi qui lit en Chine.
Une déformation professionnelle de ma personne liseuse, dira-t-on, ou une obsession universelle, quand les mots scandent le plaisir, ou bien l'engendrent, ces mêmes mots que l'on s'entend dire ou que l'on n'ose prononcer quand on s'en vient à jouir.
J'ai bien aimé la première montée vers la pointe (j'ai bien aimé juste sur la pointe "les dents pleines de sang", dents d'un amant ou d'un bambin hargneux, c'est selon la douleur ou la douceur du fantasme), et puis bien sûr ça redescend, chacun à sa façon me direz-vous, et bien sûr c'est moins bon : "les montrer c'est moins indécent".
Quand on s'en revient à deux, à pied ou a pedibus mordicus, après le pied, on s'ennuie sans doute, et pour compenser on écrit des vers, c'est un autre plaisir.
Je trouve que ce texte est une belle invention. La forme fluide hé hé.
.................
"L’imaginaire aussi dure autant qu’un poème.
On rêve et on oublie, on se crée tout un monde
Où le sable est argile, où les pierres sont rondes
Où s’évanouissent à jamais les problèmes."
..................
Un imaginaire aussi dur qu'une tomate mûre.
Egarement des sens : l'opium, ce serait plutôt en asie, que faire sur le Nil ?
Un peu de pub Ketshup © :
.....................
"Et toutes les rivières de prendre le fou rire,
Et tous les fous alors de se mettre à chanter.
Les poètes bien sûr en sont tout dépités"
.....................
.....Pourquoi "alors" dans le deuxième vers ? ne devrait-on pas sacrifier le sens en vue du son ? (les fous... alors... ça sonne mal.)
à moins que l'on ait voulu ici marquer l'importance de l'instant : "alors" ...
Il y a un moment précis où ça se déclenche. Oui, ça peut se défendre, les fous ne prenant pas le fou rire n'importe quand : c'est évident, ils attendent le signal des rivières, qui donnent le ton, disent quand il faut rire.
ça laisse aussi imaginer que les rivières aussi sont folles, (les connes, elles se sont laissé polluer)
il me semble aussi... (mais qui suis-je pour prétendre m'approcher des autres critiques, après tout, leur arracher des plumes, pardonnez-moi seigneur bénévent...)
par ex le dernier vers est un plaquage. sauf si les poètes sont mûrs, bien sûr.
Et que dire des carpes et des crocodiles qui sont dedans les rivières ! est-ce qu'ils ou elles rient ? ça serait logique dans le texte, mais difficile pour une carpe. Mince, c'est moi qui l'ai mise dans l'aquarium, tout se mélange, mes neurones chauffent, il fait 50 à l'ombre dans le bar, les ventilateurs bénévent brassent... l'air poisseux plein de poissons, tout ricane autour de moi, c'est grave, je ne sais...
je dois me reprendre...
(je me demande si carpes et crocos font partie du même biotope, en fait)
Sans parler des pécheurs, ces pinces sans rires qui pourtant ne craignent pas les crabes. Sans parler des vers dans les alexandrins, qui descendent le cours du fleuve egyptien.
Ah sagesse, quand tu nous tiens !
PS : j'ai trouvé le fond au fond du fleuve, et la forme monotone. mais sont-ce là des critères pour juger, Léonce ? Non, je vous l'accorde dans le violon. Pas de note, oups je sors. ça va remonter dans les sondages. attention aux bulles gazeuses.
ça commence mal : U...
ça commence mal :
Un sifflement aigu me transperça l’oreille
Puis je les aperçus, c’était une merveille.
Elles venaient d’arriver les jolies hirondelles,
-------------
un sifflement aigu me transperça l'oreille : ce doivent être des hirondelles supersoniques. Z'êtes sûr que c'était pas un Mirage ? Et pourquoi une seule oreille est-elle transpercée ? Seuls les martinets peuvent faire cela.
Bien sûr, c'est la nécessité du vers qui impose une seule oreille, mais tout de même, on pense que le récepteur n'a qu'une oreille, ou bien que les hirondelles émettent en mono. Quant à dire que c'est une merveille, tss, j'avoue, je n'avais pas pensé à cela en voyant les hirondelles annoncer le printemps. Un colibri, un arc en ciel, sont des merveilles, eux, pour sûr.
Je suggère : un sifflement aigu me perça une oreille. c'est vrai qu'alors il faudrait écrire une autre suite, ce serait tout un poème quoi, les hirondelles en révolution.
Note : elles annoncent aussi l'arrivée des mouches, même si elles en mangent beaucoup.
Le problème de la trad...
Le problème de la traduction de l'idéogramme : qui n'est pas un vrai problème en fait.
Ce n'est pas exposé pour cela.
Angelo n'expose pas une "difficulté" à traduire le japonais, mais nous laisse voir le Zen à travers l'idéogramme.
Le parcours des diverses traductions possibles nous livre le sens.
Mieux : nous fait voir, nous laisse soudain entendre ce qui se dit en une seule fois et transforme le lecteur.
Plusieurs fois traduit, comme une insistance du sens, le Haïku prend toute sa force : prenez-en tous les sens, il ne vous lâchera pas : chaque sens s'ajoute au précédent ou plutôt le souligne : "vieil étang", "vieux lac", "lac impassible", et, comble d'ironie : "lac très zen" !
Non seulement on sent bien qu'il s'agit de la même chose, et, grâce à la traduction, on sent bien aussi qu'il ne s'agit pas d'une "chose", comme l'entend notre métaphysique.
La diversité des traductions ne capture pas que le "sens" comme un gros poisson, et ce n'est pas une "chose" que nous capturons dans notre représentation.
Ce n'est nullement une description du lac ou du vieil étang, et pourtant, ce n'est pas, non plus, une métaphore.
Un ressenti, peut-être, ou même pas : même le lac "zen" est déjà vieux, quoiqu'impassible.
Pas de dedans ni de dehors, et pas davantage le lac ne représente la paix de notre "âme" : notre moine par l'idéogramme n'est ni dedans ni dehors, et il est zen et il est calme, et il est calme comme tout ce qui est vieux sage, tradition zen... ;
toutefois ce n'est pas une comparaison, car le zen n'a pas d'âme grecque ou chrétienne. Ce n'est pas la même culture, et Micheleangelo l'italien n'est pas là pour relever une difficulté de traduire le japonais :
l'idéogramme n'a pas une seule face que l'on pourrait différemment "rendre" par de multiples traductions, afin de saisir ce qu'il "veut dire". Nous ne sommes pas ici dans un procès de signification, nous ne sommes pas là pour décrypter et comprendre un "message".
Non, ici il n'y a pas d'un côté le réel, et de l'autre la représentation qui nous le dépeindrait en nous livrant "le sens".
Il n'y a pas vraiment de signifiant du signe : l'idéogramme donne la réalité entière, et il n'y a pas à proprement parler de "lecteur".
Celui qui fait l'expérience ne perçoit pas le lac, du moins comme nous l'entendons : le lac est déjà signe et propose quelque chose qui n'est pas différent de nous : c'est un lac zen et nous sommes le lac.
"lac très zen" : se pointe une certaine ironie qui dénonce certains, qui prétendent savoir ce que c'est que le zen : la paix de l'âme comme on dirait chez nous.
Quelque chose d'immobile et d'impassible comme l'être de Parménide ?
"La paix de l'âme" à la manière du stoïcien Sénèque ? Il est vrai que déjà chez nous on ne sait même plus de quoi on parle, tellement l'âme est passée au fil du concept et de la sensibilité romantique.
Quand soudain dans ce lac très ancien plonge une grenouille, ou une rainette. Tout le lac en est distordu :
métamorphose, ressac : Ploc :
la rainette vous le transforme, votre lac placide et zen et très ancien, votre lac intérieur qui se croyait impassible, déjà sur l'autre rive de la mort.
(si vous captez la rainette qui plonge au coeur de votre impassibilité, c'est bien la preuve de votre vigilance imperturbable, et c'est aussi la preuve que vous n'êtes pas mort, et que le Zen n'est pas la nostalgie de l'état inorganique, n'est pas une "pulsion de mort", puisqu'il exige non seulement la vigilance, mais la possibilité d'une métamorphose, ou d'un changement de phase, comme disent les physiciens)
On peut comprendre que le saut de la grenouille dans le lac placide perturbe le silence et la paix et l'impassibilité du lac/du moine, et la leçon serait : lorsque l'on pense avoir atteint le but, un rien nous le transforme, et replonge notre esprit dans l'agitation.
Ou bien, ou bien, et là ce n'est pas une simple affaire de traduction de l'idéogramme : le Zen admet la possibilté d'une transformation radicale, même le "lac très zen" peut être transformé, métamorphosé par un petit "rien" qui saute et enfonce sa surface.
L'impassibilité, si elle se veut telle, accepte donc la perturbation, voire, la métamorphose complète.
Non seulement il ne faut jamais se dire libéré, se dire que l'on a atteint le Nirvana et la paix intérieure, mais cette "paix" n'est rien d'autre, à son tour, que cette aptitude permanente au changement, à la métamorphose, à la transformation, voire, à la rupture de la tranquillité de ce qui est ancien, acquis, calme, déjà zen comme pour toujours, et cependant, malgré cette transformation, cette perturbation, qui n'est pas une simple acceptation de la turbulence, malgré la possibilité (la disponibilité) d'être changé et transformé, le moine reste le même.
Cela veut dire qu'il n'est pas là pour se défendre de toute agression et du moindre saut de grenouille,
ainsi que l'on fait en occident,
où l'on use du zen comme d'un appoint pour garder son calme "en toute circonstance", autre moyen pour ne pas se laisser atteindre par ce qui est autre que nous, ou par toute perturbation extérieure.
On peut dire non seulement que le moine est ouvert à tout, au lieu que l'occidental se protege en usant du zen, mais là encore ce serait se méprendre :
le moine ne se défend pas, et ne ferme par ses volets devant le lac placide qui est en lui, pour se protéger des grenouilles et de la pluie :
il n'y a pas de "volets", pas de dedans, pas de dehors, si ce n'est la mince pellicule de papier de riz de l'idéogramme, qui définit l'impassibilité, non seulement comme étant la possibilité d'accueillir le changement et la métamorphose, mais qui dit que, une fois que l'on est le Tout, et surtout, que l'on n'est plus tributaire de la limite dedans/dehors, impassibilité et métamorphose sont "tout un", comme on dit chez nous, d'ailleurs sans trop l'entendre.
Si je suis vraiment le lac, en quoi un saut de grenouille peut-il me perturber, puisque ce saut, cette grenouille, ce ressac soudain, tout cela, c'est le lac, et si nous n'oublions pas que le lac, c'est aussi l'univers...
Je m'excuse auprès de ...
Je m'excuse auprès de Mélina, de passer encore une fois par ce canal, mais bon, ça reste un commentaire.
Mercinémascope a écrit :
"qu'est-ce que c'est, l'intelligence ? L’adéquation la plus exacte entre ses capacités cognitives et la façon dont on les utilise."
Pour moi, même dans mes meilleurs moments de mes "moyens cognitifs", par exemple, dans certaines sphères technologiques, voire, dans certains "mondes", elles me sont inutiles, elles ne fonctionnent pas, car de toute façon je serai toujours dehors : pourquoi tenter de comprendre ce qui nous repousse, et d'autant, que l'on n'a même pas les outils pour cela ?
C'est idiot, quand on vous laisse entendre que vous pouvez utiliser des capacités cognitives : avant les capacités, il y a les outils (par ex les concepts) que l'on a ou pas; et cela, on ne le choisit pas. On ne s'adapte qu'à la condition de se changer la tronche, à se soumettre à des modèles, au lieu de trouver ce que l'on a en nous (parfois des outils vieux de deux mille ans, et qui ne permettent que de comprendre des choses mortes, que la plupart ont oubliées, si toutefois ils les ont jamais connues)Si je vois les mondes avec des yeux vikings ou romains, ou encore arabes, ou juifs, personne ne peut rien pour moi, et surtout pas les capacités cognitives, même si de nos jours tous les outils sont devenus aussi bien des signes.
mais qu'est-ce que des "capacités cognitives". Et "utiliser", qu'est-ce à dire ?
Moi quand j'écris je ne comprends pas grand chose (certains seront sans doute daccord avec moi), et justement, mes capacités cognitives sont mises pratiquement hors de combat, par autre chose, devinez quoi.
Si je lis un ouvrage de science, là oui, je peux parler de capacités cognitives (surtout des outils qui me manquent pour comprendre une théorie par exemple). En fait j'ai conscience de ces capacités, surtout lorsqu'elles me font défaut.
Cette définition intelligente de l'intelligence (que même un philosophe ne donnerait pas) est valable pour des cosmonautes en orbite terrestre, par pour moi.
D'ailleurs, c'est bien parce que le langage est notre prison, que l'on a développé les capacités cognitives, pour maîtriser les choses et le monde, et nous dedans. On en voit le résultat tous les jours. Intelligere : relier, lire, mettre ensemble, accueillir; lesen, accueillir sans altérer, déposer, laisser être, comprendre ce qu'est une chose (ce qu'elle a à nous dire à nous séduire, à nous surprendre) (même si impossible) au lieu de la comprendre et de la maîtriser extérieurement, par la technique, de la réduire aux événements de son être. Différemment je pense la chose, autrement elle se montrera à moi. La penser, de sorte à la laisser se dire, c'est aussi une approche de l'intelligence, ça.
Enfin, ce n'est que mon avis, on peut écrire sans se servir de cela, et je ne pense pas que moi-même...
Intérieurement, on ne peut ni maintenir, ni tenir un "objet", et pas davantage, la mémoire n'est un rappel d'événement passé.
Proust inutile ? sans doute, et tant mieux, et ça dépend pour qui. ça me laisse bien de la place, et du temps, et des choses à moi, pendant que les autres sont ailleurs, et lisent autre chose.
Tous les esprits, beaux ou pas, ne vivent pas sur la même planète. Pour moi, Proust me rappelle une certaine façon que j'avais moi-même, de penser aux choses, aux arbres, aux forêts, et à m'endormir avec. maintenant, on me demande de la comprendre, la vie, les choses, et surtout de me comprendre moi-même.
Et aussi, Proust me fait re-souvenir, oui, d'une civilisation presque disparue,qui fut en tout cas la mienne (elle est encore là, mais je ne suis plus en elle, je suis dans un monde qui exige de moi que j'exerce mes capacité cognitives tous les jours, pour comprendre des tas de conneries qui ne mènent à rien) alors que déjà, pour moi, non seulement les souvenirs sont partis, mais bien des êtres aussi.
J'ai l'impression que proust réactive (pour moi) un Pompéi en moi, non pas un art de vivre, ou une vie (qui pour moi ne fut pas semblable à la sienne), mais, oui, une certaine façon d'être là.
Touchant aussi, ce mot de Jean Genêt, qui, le moins que l'on puisse dire, n'avait pas connu la même société que Proust, mais plutôt son antipode : du fin fond de son bagne, il dit avoir eu cette impression, que Proust était ce qui lui fallait, qu'il avait presque, dirait-on, écrit pour lui. C'est grâce à proust que nous avons eu un Genât, qui sait, peut-être inutile, lui aussi, bon. Un chien n'engendre pas un chat, me direz-vous. En tout cas, on a là un bel exemple d'engendrement par la littérature.
Pour ce qui est des phrases longues : c'est bien la preuve qu'il ne craignait pas d'être chiant. Et puis, autant reprocher à un trépan de plateforme pétrolière d'être "long". Les phrases sont aussi des outils, sauf à dire, qu'on ne les contrôle pas. On ne peut pas dominer le langage, et par conséquent l'intelligence non plus. Pour ce qui est des indigestions, si je peux admettre qu'il puisse être indigeste, alors là, il n'est pas le seul. je suis bien sûre que d'autre ne liront pas "le château" de Kafka, parce que ça sera chiant, ou encore l'être et le néant, ou encore, l'Ancien Testament, la Critique de la Raison pure, et bien d'autres livres.
A notre éapoque, qu'est-ce qui n'est pas devenu "chiant"? Qu'estce que ça prouve, pour juger un auteur ? Seulement ceci : que vous n'en avaez pas besoin, que tout une époque n'en a pas besoin. Mais tout le monde n'est pas synchrone, et tout le monde ne vit pas dans ce monde là. (on me dira que c'est le seul, bon, ça ne m'étonne pas)
Pour ce qui est de regarder en arrière : le passé nous a déjà rattrapé : nous sommes dedans, et pas celui des événements de notre vie : nous sommes à l'intérieur des signes, là où le temps ne passe pas vraiment. proust avait sa façon de considérer son passé, et le temps passé, et ça vaut bien une psychanalyse. Bon, là je suis d'accord : ça permet de récupérer quelques facultés cognitive. Mais ce que l'on perd, personne ne le dira : une façon de se considérer soi-même, avec les faibles moyens que l'on a.
Voilà une bio de Prous...
Voilà une bio de Proust, qui fait parler les arbres dans son texte :
"Ce que tu n'apprends pas de nous aujourd'hui, tu ne le sauras jamais. Si tu nous laisse tomber au fond de ce chemin d'où nous cherchions à nous hisser jusqu'à toi, toute une partie de toi-même que nous t'apportions tombera pour jamais dans le néant."
(à l'ombre des jeunes filles en fleur)
C'est un exemple de sa sensibilité "esthétique" (de sa perversion, peut-être)
C'est aussi un bel avertissement, et sans doute une interpellation pour notre littérature psycho-écologique, non ?
En tout cas, vous avez là toute l'obsession et la sensibilité de notre homme. De l'esthétique, hmmm ?
Et encore :
"Alors, bien au-dehors de toutes ces préoccupations littéraires et ne s'y rattachant en rien,tout d'un coup un toit, un reflet de soleil sur une pierre, l'odeur d'un chemin, me faisaient arrêter par un plaisir particulier qu'ils me donnaient, et aussi parce qu'ils avaient l'air de cacher, au-delà de ce que je voyais, quelque chose qu'ils invitaient à venir prendre et que malgré mes efforts je n'arrivais pas à découvrir.
Comme je sentais que cela se trouvait en eux, je restais là, immobile, à regarder, à respirer, à tâcher d'aller avec ma pensée au-delà de l'image et de l'odeur.
Et s'il me fallait rattraper mon grand-père, poursuivre ma route, je cherchais à les retrouver en fermant les yeux; je m'attachais à me rappeler la ligne du toit, la nuance de la pierre, qui, sans que je pusse comprendre pourquoi, m'avaient semblées pleines, prêtes à s'entr'ouvrir, à me livrer ce dont elles n'étaient qu'un couvercle."
Sans doute trop "bourgeois"
(c'est ce que voudrait dénoncer son "esthétisme", alors que pour ce qui est de l'écriture correcte et sans "faute", il me semble qu'il ne fait rien de trop, justement, c'est du français, et c'est tout)
pas assez réaliste, pas assez religieux, sensible, exposé, et toujours sur le qui- vive, voilà notre homme, au-delà de toute biographie. C'est sûr que pour nous, qui remontons jusqu'aux oeufs de dinosaure, et pour qui la vérité est dans les gènes et pour qui la "réalité" reste sociale...
Enfin voilà, j'ai pris sur moi de bon matin. je lui dois bien ça, un peu de chair dans le cimetiere bio.
étrange
Quand je lis Proust, je pense moins à l'esthétisme qu'à une conjonction entre mémoire, intelligence, et sensibilité..
Pour un esthète, je trouve qu'il a pris de gros risques avec ses longues phrases aux boucles barroques, qui approfondissent la pensée à chaque passage, pour enfin revenir au début, après avoir tout transformé. Une fameuse réponse, en tout cas, à la fameuse interrogation freudienne sur la répétition "au-dela du principe de plaisir", et une belle claque dans la célèbre pulsion de mort.
Phrases qui ne sont pour moi que des machines vivantes, des explorations de l'esprit qui pense, et qui dit comment il pense.
Pour moi, Proust, c'est de l'intelligence émouvante, pour ainsi dire sensible; c'est le récit et sa décomposition.
et c'est la question que je me pose sans arrêt, qu'est-ce que c'est, l'intelligence (en dehors de la Science, bien sûr, et de la Révalation, et même de la Philosophie).
Pour un peu, ce monsieur n'aurait fait que des bons mots, et n'aurait été que le témoin d'une époque donnée et dorée, et disparue, qui évidemment n'intéresse plus personne, après le matraquage marxiste et le "gagner plus pour manger moins".
Même quand il dit un souvenir et qu'il parle des ombres de sa chambre, ou de son père qui monte l'escalier, de la nuit et de la chandelle, Proust n'est jamais entre les murs, pas davantage dans son appartement, ni dans celui qu'il décrit dans sa mémoire, ni dans celui où il écrit : il écrit et se transforme en mémoire vivante, et cette mémoire, il la décrit aussi. Sa pensée est partout, jusque dans les images qu'il forme des choses, mais Proust c'est aussi la rencontre de la poésie et de l'intelligence, quand il comment un arbre, une maison, l'interpellent. Proust n'est pas un egocentré : il est séduit par les choses et par les êtres (pas seulement par les hommes, non), et il décrit cette séduction et cette tendresse. Il dit aussi comme les êtres interpellent les mots, et il dit que nous n'avons que cela, en réponse, les phrases, et une certaine façon de dire par le style, de répondre à l'interpellation des choses du monde, au lieu de les décrire ou de les disséquer, ou de les analyser. Mais bon : un coup de bio, de psy, d'analyse, d'esthétique, et le tour des catégories est joué, n'est-ce pas ?
Que dire, d'un homme qui est non seulement capable de remonter en lui aussi loin, et par boucles le long d'une même phrase, et qui en même temps vous laisse entendre son émotion (dépassée par l'écriture), de savoir que non seulement ce qu'il décrit a disparu, non seulement, les événements, mais encore les lieux, les murs, les êtres. Et il tient le coup, il descend vivant au pays des morts et de l'absence, et de sa propre maladie et disparition.
On se demande où il est, et quelle fut sa force.
Mas l'esentiel, n'est ce pas, c'est la biographie de sa vie, la trace de son corps dans les événements de l'histoire, et surtout, fournir des ébauches de compréhension psychologique. l'important, ce n'est pas ce qu'il écrit en lui (et non pas "de lui", comme vu de dehors, comme la plupart, qui ne se pensent que sous le regard des caméras objectives)ui, mais de le voir de l'extérieur, de parler, justement, de sa vie, de sa biologie, de ses aventures, sans comprendre qu'à chacun de nous échoit une part d'événements, de vie, de sentiments, d'attirance, desquels nous ne pouvons sortir qu'en les pensant, en les transformant par ce que l'on appelera de l'art, si vous voulez, ou de l'esthétique (pff)
Entre bio et esthétique, que reste-t-il dans cette présentation ? L'envie de le lire ? on croirait manger une grappe de raisins secs. tiens, ça me fait presque mal au coeur.
Si vous "l'aimez", puisque vous n'avez que ce mot à la bouche, ça n'apparait pas vraiment, et c'est bien triste. Une chose est sûre, ça ne donne pas envie de le lire, donc, à quoi ça sert?
ça m'a fait pensé, voyez-vous, malgré la bonne intention manifeste, à une réduction de corps.
Nous ne sommes pourtant pas dans un cimetière, ou du moins, pas encore.
Mais bien entendu, à la suite de Toinon, disons : qui suis-je, en tant qu'auteure porno, pour critiquer un auteur (Proust), si déjà je ne suis pas habilitée à critiquer un texte. Misère.
Bon, il me reste un espoir, puisque pour l'heure les prostituées peuvent encore voter.
J'aime ceci : "Tu...
J'aime ceci :
"Tu es jaloux de Lui comme des aromes fins
Que si souvent j'ai humé un sourire aux lèvres"
(Il me semble être dans un temple d'un dieu oublié, qui veille sur un cimetière où plus personne ne vient prier les morts.)
et ceci :
(pour le double sens du second vers, et ses consonnances ("je suis", et "sans vie" avec le premier : "cent fois suivies")
"Les empreintes cent fois suivies perdent la raison
Morte à demi, je suis le chemin de l'aube sans vie"
(être à la fois le chemin, et le suivre, cela dit en un seul vers, il fallait le faire : belle image de l'éternité et du mouvement. Etre le chemin, et surtout le chemin de l'aube. Et le suivre, donc, je suppose avec le soleil qui monte et qui dessine le jour : pas vraiement d'espoir, ni de transformation, mais seulement le chemin identique, que l'on suit pourtant. Mort-né qui n'aspire pas même à vivre, mais si seulement tu prenais le bon chemin du temps, les jours définitivement seraient sous ta coupe)
Eh bien pour une fois je n'en dis pas plus : voilà, me dis-je, des vers nets comme l'empreinte d'un pied nu, sur la neige de nos cimetières de cendre.
Parfois, il faut savoir s'incliner.
PS : j'ai lu, parce que l'auteur se trouvait dans la liste des "préférés" de Léa Michel. ça ne m'étonne pas d'elle, qui aime ce qui est beau. Merci donc, léa, pour cette piste.
A mon avis il ne manqu...
A mon avis il ne manque pratiquement rien, et le manque n'est pas vraiment total. On lui dit, en fait, de "remettre son texte en place". Parce que ça fait magma ?
Pour moi, ce qui est fort, c'est qu'il y a trois volets dans le bloc.
C'est un triptyque d'écriture peinte, ou de peinture, de tableau transféré en commentaire.
Un commentaire automatique d'une peinture.
Un peu comme un commentaire que vous feriez, d'une musique que vous entendriez, et qui serait peut-être de vous.
Comment traduire en mots une musique ? Je dis bien une musique, et non pas "de la musique".
Je parle de la musique qui est avant les mots et avant le monde, ou en tout cas une musique qui est avant le monde social et son corps. C'est la musique du corps fracturé par les institutions; ces mêmes institutions qui font que le média est entre les corps, et que le sociétal est insinué partout, jusque dans votre viande.
Le sociétal c'est ce qui vous rentre dans les interstices, et qui vous fait communiquer au lieu de parler, qui substitue ses machines de communication à votre écriture entendue comme musique de votre corps bien à vous.
C'est aussi ce qui vous fait découper vos textes d'une certaine façon, afin de mieux communiquer.
Ou plutôt la musique d'un corps qui serait vous, avant d'être esclavagé par votre conscience, elle aussi esclave (au service d'une liberté qui vous dit de prendre votre vie en main et de vous contrôler)
Vous voyez, je parle un peu comme il écrit, c'est la preuve que c'est contagieux. On ne peut pas le prendre en grippe, ce texte-là, car il vous rentre dans la boîte avant de "donner à réfléchir" (tout est déjà "réfléchi", n'est-ce pas, on ne voit, on ne boit, tout autour de nous, que du réfléchi par le concept, de la com, donc)
Mais regardons-y mieux, foulons-nous la rate de la critique, au lieu de demander toujours des rectifications pour le faire bien voir, ce texte d'ir-resparation en paquet :
C'est un commentaire de toile (peinte).
Et, pour une fois je me demande si l'image en accompagnement en est l'illustration (le tableau en trois volets et trois couleurs, vous savez, ouvrez les yeux : celui qui accompagne le texte à votre poste)
ou bien si ce ne serait pas, comme je l'ai dit, le texte d'un peintre, et l'illustration que nous voyons, serait alors l'original qui a poussé à écrire ce texte-là;
Ou bien ce type est libre comme le diable, qui aurait su trouver une illustration aussi claire et lumineuse à ce texte de l'écrasement et de la compression, qui, ce qui est intéressant, est comme de la viande avant la découpe.
De l'écriture avant le passage aux ciseaux des paragraphes.
Ecriture automatique ? Sans doute pas : c'est une écriture spontannée qui commente un premier jet qui n'est pas d'encre, mais de peinture.
c'est une peinture qui est une réaction à une pression, à la pression de la prison sociale sur les corps, ou plutôt déjà dans les corps.
Il y a bien trois volets (repliés sur un seul texte, ou plutôt superposés, alors que le triptyque de l'image nous les distingue sur la toile en avatar) :
celui de l'enfermement dans le monde de la communication, auquel l'auteur nous dit qu'il participe, mais duquel le texte tente de s'enfuir.
Il y a le passage à la fausse liberté, offerte par le systeme, et qui est celle du cul dans les bas fond lumineux, comme une prothèse greffée sur le corps social et qui vous peint à la gueule le libertinage et les relation réglées : le personnage du texte nous dit qu'il glisse sur le sperme comme un porc : il est donc lui aussi dans la mélasse en tant que corps.
Notons au passage que ce texte nous délivre le corps, pourquoi ? parce que l'auteur nous démontre, sans le montrer en concepts, que le corps, eh bien, n'est pas celui de la médecine exposé en clinique, et n'est pas non plus l'image d'un corps dessiné sur fond d'espace, comme sur une toile classique, où le fond se dessine sous la forme, et la forme se distingue d'avec le fond.
Bien entendu, il n'est pas si facile de transposer les problèmes d'un art (peinture) vers un autre (littérature); mais de nos jours il y a de toute façon confusion entre les sémantiques, puisque la peinture, de son côté, s'est exposée aux signes, au langage de l'écrit.
Ici c'est une peinture en mots , une écriture comme peinture (avec quelques traces de bleu-concept, de rouge-impression, de jaune-description)
oui, en effet, mais comme, au lieu d'être peint, le "problème" se trouve maintenant écrit, il se pourrait alors que le fond de la toile soit le temps, et son problème sociologique.(Le débat avec le temps donné pour linéaire dans l'économie politique et dans l'économie de production, y compris dans celle, la même, de l'économe écologique - économise ton temps comme tu économise l'énergie : ainsi tu ne verras pas que les deux ne sont que des inventions qui te niquent)
Donc le premier volet serait le glacis communicationnel social qui vous rentre entre les cellules et qui vous écarte de l'Autre.
le second volet ce serait celui de la fausse sauvegarde par le cul, que vous proposerait cette même société, comme une fausse libération de la première prison qu'elle a imposé ci-dessus,
et le troisième volet serait une femme hypothétique à laquelle l'auteur serait resté fidèle : il faut être capable de l'attendre, de la mettre à distance, de la tenir à distance; de la séduire, de ne pas se précipiter dessus comme un porc (ou inversement de la rejeter), pour la voir, et ainsi se tirer des deux premiers volets. de les replier l'un sur l'autre sur le fond de la nuit.
Cette femme ce serait en métaphore la muse de l'art, ou encore le corps physique d'une femme qui permettrait l'art et sauverait notre acteur grâce à une jouissance qui ne serait pas captive.
Elle viendrait : et tout serait remis à l'endroit : le mirage de la communication s'évanouirait loin du monde brillant de bordel, et quelque chose d'indemne se retirerait du temps.
Et le fond, alors ? Il y aurait quelque chose de sauf, qui ne répondrait plus au langage social de la communication; un fond qui ne serait pas engagé dans la mort de "tous les jours la même rangaine", un temps d'avant le temps corrompu, et qui ne souhaiterait même pas qu'on le retrouve.
Un fond indemne, sous notre triptyque, ce fond, qui permet non pas de communiquer, mais de parler l'un à l'autre, sans toutefois nourrir l'illusion romantique de l'aimée, qui parce qu'elle est retrouvée, Eurydice, nous sauve de l'enfer, et nous écoute.(mais qu'avais-t-elle donc à dire à maman ?)
C'est en effet ici "une saison en enfer", et sans vraiment l'espoir d'être sauvé par l'amour, puisque, au contraire
(et en cela le texte, s'il est automatique, succède bien à une position de l'auteur, à une prédéfinition de ce qu'il veut : on sent bien que l'attente de la délivrance par l'amour serait encore une promesse du systeme, qui se servirait de cela pour libérer nos têtes par le cul de fosse de nos belles villes, par l'amour recyclé en faux érotisme libertin, celui des club rencontre comme celui de certains bars qui ne sont plus à putes, mais par exemple de rencontres et d'échangismes.)
le systeme te dit : en attendant ton bel amour, paie-toi une tranche de viande crue pour échapper à la communication (entendue comme vrai langage).
C'est pour cela que le troisieme volet n'est pas vraiment un espoir, mais une prise de décision pour laisser une place, une possibilité à celle qui viendrait, la possibilité de l'amour, donc, en tant qu'instance qui sauve.
Mais il ne viendra pas, s'il n'est qu'espéré, ou si l'on s'abandonne à ce que propose, disons, le systeme, mais qui, en fait, est généré à chaque rencontre (entre des "indivisus", particules d'invention politique, elles aussi), par la fuite des individus devant la communication.
Il n'y a pas de systeme, il n'y a qu'un modele de communication et de contact, proposé aux corps pour se fuir en évitant de s'écrire.
Pour permettre aux êtres de communiquer, afin de fuir ce qu'ils auraient à se dire (ou pour fuir l'évidence qu'il n'ont rien à se dire), mais qu'ils devraient "se trouver" entre les moments où ils ne peuvent pas se dire, ce que soit-disant ils devraient pouvoir se dire...