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Critiques reçues par Melina Nilles
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C'est très bien de sav...
C'est très bien de savoir parler plusieurs langues. Il aurait été dommage que je ne le susse point.
Le message
est certes à méditer, mais encore une fois, je trouve que vous êtes excessive (trop entière ?).
Je suis libre sur ILV. J'y reste par amitié pour certains et pour le souvenir d'autres, qu'on n'entache pas la mémoire de ceux-ci.
Celà ne m'empêche d'être sur d'autres sites littéraires.
Quant au grec, là n'est pas le plus important, le message est fort et nous rappelle que l'honneur était une valeur plus importante que l'argent.
Aucune compétence pour...
Aucune compétence pour commenter la biographie de PROUST milles excuses melina milles ;o)
Mais je trouve l'idée de publier des biographies, originale et courageuse.
Mystique
Trop pour moi, Mélina est trop mystique, entière, aimante pour que je ne me protège pas. Mon esprit s'insurge devant un tel torrent : comment une poussière peut penser posséder une telle puissance ?
Croire, la clé est sans doute là. Je n'ironiserai pas, c'est trop (^^) facile.
Hé ! Hé ! Encore merci à Melina....
Pour nous avoir donné l'occasion de bavarder sur Proust.
J'ajoute ici que je suis d'accord avec Cinémascope tout en admirant ce qu' a écrit Sonia.
J'ajoute que c'est très vrai que lorsqu'on lit Proust on se dit souvent : " Tiens ! C'est bien vrai ! ".
J'ajoute que nul autre que Proust a si bien décrit la jalousie (amoureuse).
J'ajoute que, puisqu'on parle de biographie, à mon avis, Proust n'était pas un penseur parce qu'il ne pensait qu'à lui.
J'ajoute que " La Prisonnière " n'est rien d'autre que le récit d'un fou et sale kidnaper de femme.
J'ajoute (je répète) les phrases interminables de Proust avaient ppoussé Gide à la folie et que toute sa vie (Gide) avait tenté de trouver une faute dans l'une d'elles.
Boussaat à tout le monde.
Précisions
Je m'excuse aussi auprès de Mélina, de passer encore une fois par ce canal, mais bon, j’ai l’irrépressible envie de… faire pipi, c’est fait, développons, donc :
Sonia a écrit :
« Moi quand j'écris je ne comprends pas grand chose (certains seront sans doute daccord avec moi), et justement, mes capacités cognitives sont mises pratiquement hors de combat, par autre chose, devinez quoi. »
Cette définition intelligente de l'intelligence (que même un philosophe ne donnerait pas) est valable pour des cosmonautes en orbite terrestre, par pour moi. »
Est-on si loin pourtant du « cogito ergo sum » ? Pour moi, l’outil est l’intelligence, les concepts, théories ou autres sont l’huile, l’essence, la pierre à aiguiser de cet outil. Il faut donc des maitres à penser pour savoir le manier correctement.
C’est un outil très complexe. Arrive un temps, où l’on pense pouvoir voler de ses propres ailes et livrer sa pensée personnelle d’où mon avis circonstancié.
Quand Sonia dit qu’elle ne comprend pas grand quand elle écrit, j’ose dire qu’elle laisse parler son inconscient, son subconscient qui sont des pièces cachées de l’intelligence.
Sonia : « D'ailleurs, c'est bien parce que le langage est notre prison, que l'on a développé les capacités cognitives, pour maîtriser les choses et le monde, et nous dedans. »
Je regrette que certaines personnes parlent sans réfléchir, l’écriture a cet avantage qu’elle demande un effort.
Sonia : « Proust inutile ? sans doute, et tant mieux, et ça dépend pour qui. ça me laisse bien de la place, et du temps, et des choses à moi, pendant que les autres sont ailleurs, et lisent autre chose. »
Oui, mon paradoxe : Proust n’est pas un artiste mais un artisan (je suis près à aller jusqu’à orfèvre) et pourtant je dis Proust inutile. Alors ? Alors pour moi le beau ne sert à rien s’il ne m’émeut pas. Et si l’esprit meut la plastique, vous comprendrez mon intérêt pour Sonia.
Sonia : « Pour moi, Proust me rappelle une certaine façon que j'avais moi-même, de penser aux choses, aux arbres, aux forêts, et à m'endormir avec. maintenant, on me demande de la comprendre, la vie, les choses, et surtout de me comprendre moi-même. »
Vivre plutôt que connaitre, c’est ainsi que l’on comprend. Mais je reste persuadé que Sonia préfère la pratique à la théorie. Après, lorsque le corps est usé, l’esprit doit le remplacer.
Sonia : « Touchant aussi, ce mot de Jean Genêt, qui, le moins que l'on puisse dire, n'avait pas connu la même société que Proust, mais plutôt son antipode : du fin fond de son bagne, il dit avoir eu cette impression, que Proust était ce qui lui fallait, qu'il avait presque, dirait-on, écrit pour lui. C'est grâce à proust que nous avons eu un Genât, qui sait, peut-être inutile, lui aussi, bon. Un chien n'engendre pas un chat, me direz-vous. En tout cas, on a là un bel exemple d'engendrement par la littérature. »
On peut allumer un feu de bien des façons. Une étincelle suffit parfois.
Sonia : Pour ce qui est des phrases longues : c'est bien la preuve qu'il ne craignait pas d'être chiant.
Oui ou qu’il en avait rien à secouer, ou comme je le subodore qu’il se regardait écrire. J’ai du mal à imaginer qu’il se laissait emporter par son flot de pensées. Et quelle prétention de croire qu’un clapotis pareil puisse faire chavirer mon cœur. Je préfère l’idée qu’un manuscrit doit être élagué pour n’en retenir que la substantifique moelle.
Proust est à l’origine du microcosme intellectuel parisien. Son écriture masturbatoire n’en est que le plus bel exemple.
Sonia : « On ne peut pas dominer le langage, et par conséquent l'intelligence non plus. »
Certains réinventent le langage (Céline, Budowski, Burgess…), n’est-ce pas une manière de le dominer ?
Sonia : « Pour ce qui est des indigestions, si je peux admettre qu'il puisse être indigeste, alors là, il n'est pas le seul. je suis bien sûre que d'autre ne liront pas "le château" de Kafka, parce que ça sera chiant, ou encore l'être et le néant, ou encore, l'Ancien Testament, la Critique de la Raison pure, et bien d'autres livres.
C’est vrai, j’ai abandonné Kant, monstrueusement chiant, pour un Nietzche nettement plus amusant.
Qu’est-ce que je reproche à Proust ? : une personnalité somme toute assez ordinaire, mais pourvue de dons immenses pour l’écriture. Le pauvre homme n'a jamais réussi à assumer, ni à véritablement transcender son « drame » humain. Le temps perdu, thème qu'il pétrit tout au long de son œuvre avec plus ou moins de complaisance et de succès, est rétréci à la mesure de son esprit moyen. Pas de grandes aspirations vers un humanisme supérieur chez lui, qui me semble plus enclin à la recherche d'un bonheur bourgeois confortable. La conséquence en est que ses œuvres restent pour moi au niveau de la description de ses remous psychologiques. Angoisse facile alimentée par une hypersensibilité incorrigible, complaisance dans le malheur, névrose, introversion, trop souvent pleurnicherie.
En un mot : c’est chiant.
Sonia : A notre époque, qu'est-ce qui n'est pas devenu "chiant"? Qu'estce que ça prouve, pour juger un auteur ? Seulement ceci : que vous n'en avaez pas besoin, que tout une époque n'en a pas besoin. Mais tout le monde n'est pas synchrone, et tout le monde ne vit pas dans ce monde là. (on me dira que c'est le seul, bon, ça ne m'étonne pas)
Oui, c’est pour ça que je disais que c’était mon humble avis. Mais, livrer son ressenti fait parti du rôle d’un lecteur. Je respecte aussi le vôtre et en suis heureux car c’est en confrontant nos pensées que j’utilise avec plus de subtilité mon outil.
Sonia :Pour ce qui est de regarder en arrière : le passé nous a déjà rattrapé : nous sommes dedans, et pas celui des événements de notre vie : nous sommes à l'intérieur des signes, là où le temps ne passe pas vraiment. proust avait sa façon de considérer son passé, et le temps passé, et ça vaut bien une psychanalyse.
Le passé pour l’humanité sous entend ses erreurs, pour Proust, j’y vois plus de la nostalgie. Ainsi, pour moi, les « c’était mieux avant » sont dans l’erreur ^^.
Aïe, je dois aller bosser. J’espère ne pas avoir été trop chiant…
Je m'excuse auprès de ...
Je m'excuse auprès de Mélina, de passer encore une fois par ce canal, mais bon, ça reste un commentaire.
Mercinémascope a écrit :
"qu'est-ce que c'est, l'intelligence ? L’adéquation la plus exacte entre ses capacités cognitives et la façon dont on les utilise."
Pour moi, même dans mes meilleurs moments de mes "moyens cognitifs", par exemple, dans certaines sphères technologiques, voire, dans certains "mondes", elles me sont inutiles, elles ne fonctionnent pas, car de toute façon je serai toujours dehors : pourquoi tenter de comprendre ce qui nous repousse, et d'autant, que l'on n'a même pas les outils pour cela ?
C'est idiot, quand on vous laisse entendre que vous pouvez utiliser des capacités cognitives : avant les capacités, il y a les outils (par ex les concepts) que l'on a ou pas; et cela, on ne le choisit pas. On ne s'adapte qu'à la condition de se changer la tronche, à se soumettre à des modèles, au lieu de trouver ce que l'on a en nous (parfois des outils vieux de deux mille ans, et qui ne permettent que de comprendre des choses mortes, que la plupart ont oubliées, si toutefois ils les ont jamais connues)Si je vois les mondes avec des yeux vikings ou romains, ou encore arabes, ou juifs, personne ne peut rien pour moi, et surtout pas les capacités cognitives, même si de nos jours tous les outils sont devenus aussi bien des signes.
mais qu'est-ce que des "capacités cognitives". Et "utiliser", qu'est-ce à dire ?
Moi quand j'écris je ne comprends pas grand chose (certains seront sans doute daccord avec moi), et justement, mes capacités cognitives sont mises pratiquement hors de combat, par autre chose, devinez quoi.
Si je lis un ouvrage de science, là oui, je peux parler de capacités cognitives (surtout des outils qui me manquent pour comprendre une théorie par exemple). En fait j'ai conscience de ces capacités, surtout lorsqu'elles me font défaut.
Cette définition intelligente de l'intelligence (que même un philosophe ne donnerait pas) est valable pour des cosmonautes en orbite terrestre, par pour moi.
D'ailleurs, c'est bien parce que le langage est notre prison, que l'on a développé les capacités cognitives, pour maîtriser les choses et le monde, et nous dedans. On en voit le résultat tous les jours. Intelligere : relier, lire, mettre ensemble, accueillir; lesen, accueillir sans altérer, déposer, laisser être, comprendre ce qu'est une chose (ce qu'elle a à nous dire à nous séduire, à nous surprendre) (même si impossible) au lieu de la comprendre et de la maîtriser extérieurement, par la technique, de la réduire aux événements de son être. Différemment je pense la chose, autrement elle se montrera à moi. La penser, de sorte à la laisser se dire, c'est aussi une approche de l'intelligence, ça.
Enfin, ce n'est que mon avis, on peut écrire sans se servir de cela, et je ne pense pas que moi-même...
Intérieurement, on ne peut ni maintenir, ni tenir un "objet", et pas davantage, la mémoire n'est un rappel d'événement passé.
Proust inutile ? sans doute, et tant mieux, et ça dépend pour qui. ça me laisse bien de la place, et du temps, et des choses à moi, pendant que les autres sont ailleurs, et lisent autre chose.
Tous les esprits, beaux ou pas, ne vivent pas sur la même planète. Pour moi, Proust me rappelle une certaine façon que j'avais moi-même, de penser aux choses, aux arbres, aux forêts, et à m'endormir avec. maintenant, on me demande de la comprendre, la vie, les choses, et surtout de me comprendre moi-même.
Et aussi, Proust me fait re-souvenir, oui, d'une civilisation presque disparue,qui fut en tout cas la mienne (elle est encore là, mais je ne suis plus en elle, je suis dans un monde qui exige de moi que j'exerce mes capacité cognitives tous les jours, pour comprendre des tas de conneries qui ne mènent à rien) alors que déjà, pour moi, non seulement les souvenirs sont partis, mais bien des êtres aussi.
J'ai l'impression que proust réactive (pour moi) un Pompéi en moi, non pas un art de vivre, ou une vie (qui pour moi ne fut pas semblable à la sienne), mais, oui, une certaine façon d'être là.
Touchant aussi, ce mot de Jean Genêt, qui, le moins que l'on puisse dire, n'avait pas connu la même société que Proust, mais plutôt son antipode : du fin fond de son bagne, il dit avoir eu cette impression, que Proust était ce qui lui fallait, qu'il avait presque, dirait-on, écrit pour lui. C'est grâce à proust que nous avons eu un Genât, qui sait, peut-être inutile, lui aussi, bon. Un chien n'engendre pas un chat, me direz-vous. En tout cas, on a là un bel exemple d'engendrement par la littérature.
Pour ce qui est des phrases longues : c'est bien la preuve qu'il ne craignait pas d'être chiant. Et puis, autant reprocher à un trépan de plateforme pétrolière d'être "long". Les phrases sont aussi des outils, sauf à dire, qu'on ne les contrôle pas. On ne peut pas dominer le langage, et par conséquent l'intelligence non plus. Pour ce qui est des indigestions, si je peux admettre qu'il puisse être indigeste, alors là, il n'est pas le seul. je suis bien sûre que d'autre ne liront pas "le château" de Kafka, parce que ça sera chiant, ou encore l'être et le néant, ou encore, l'Ancien Testament, la Critique de la Raison pure, et bien d'autres livres.
A notre éapoque, qu'est-ce qui n'est pas devenu "chiant"? Qu'estce que ça prouve, pour juger un auteur ? Seulement ceci : que vous n'en avaez pas besoin, que tout une époque n'en a pas besoin. Mais tout le monde n'est pas synchrone, et tout le monde ne vit pas dans ce monde là. (on me dira que c'est le seul, bon, ça ne m'étonne pas)
Pour ce qui est de regarder en arrière : le passé nous a déjà rattrapé : nous sommes dedans, et pas celui des événements de notre vie : nous sommes à l'intérieur des signes, là où le temps ne passe pas vraiment. proust avait sa façon de considérer son passé, et le temps passé, et ça vaut bien une psychanalyse. Bon, là je suis d'accord : ça permet de récupérer quelques facultés cognitive. Mais ce que l'on perd, personne ne le dira : une façon de se considérer soi-même, avec les faibles moyens que l'on a.
Mon humble avis
Sonia a écrit :
« pas assez réaliste, pas assez religieux, sensible, exposé, et toujours sur le qui- vive, voilà notre homme, au-delà de toute biographie. »
Proust est particulièrement réaliste lorsqu’il nous inflige la description d’un bras de fauteuil sur une page !
En revanche, je rejoins Sonia quant à celle des sentiments : être aussi benêt est impensable !
Sonia a écrit : « Quand je lis Proust, je pense moins à l'esthétisme qu'à une conjonction entre mémoire, intelligence, et sensibilité »
Quand je lis Proust, je pense à un artisan de la réminiscence, pas à un artiste. Je rejoins Bernard sur « il a inventé un style d'écriture avec des phrases interminables ». Certes, il savait manier le style, la forme, mais le fond n’a aucune force, juste des atermoiements et des contemplations qui me donne envie de lui donner un bon coup de pied aux fesses. Romantique ? pfff, mièvre, oui !
Ne pas regarder en arrière de peur que le passé nous rattrape.
qu'est-ce que c'est, l'intelligence ? L’adéquation la plus exacte entre ses capacités cognitives et la façon dont on les utilise. Malheureusement, si Proust était sans doute très intelligent, il n’en demeurait pas moins très chiant, comme ces intellectuels qui s’écoutent parler/écrire.
Je rejoins Sonia sur le côté beaucoup trop succinct de cette bio, en particulier les liens entre sa vie et son œuvre, ce qui l’a poussé à écrire, son style. Cependant, donner l’envie de le lire n’empêchera pas l’indigestion…
En conclusion, ce mot de BL suffit :
Proust : inutile
Voilà une bio de Prous...
Voilà une bio de Proust, qui fait parler les arbres dans son texte :
"Ce que tu n'apprends pas de nous aujourd'hui, tu ne le sauras jamais. Si tu nous laisse tomber au fond de ce chemin d'où nous cherchions à nous hisser jusqu'à toi, toute une partie de toi-même que nous t'apportions tombera pour jamais dans le néant."
(à l'ombre des jeunes filles en fleur)
C'est un exemple de sa sensibilité "esthétique" (de sa perversion, peut-être)
C'est aussi un bel avertissement, et sans doute une interpellation pour notre littérature psycho-écologique, non ?
En tout cas, vous avez là toute l'obsession et la sensibilité de notre homme. De l'esthétique, hmmm ?
Et encore :
"Alors, bien au-dehors de toutes ces préoccupations littéraires et ne s'y rattachant en rien,tout d'un coup un toit, un reflet de soleil sur une pierre, l'odeur d'un chemin, me faisaient arrêter par un plaisir particulier qu'ils me donnaient, et aussi parce qu'ils avaient l'air de cacher, au-delà de ce que je voyais, quelque chose qu'ils invitaient à venir prendre et que malgré mes efforts je n'arrivais pas à découvrir.
Comme je sentais que cela se trouvait en eux, je restais là, immobile, à regarder, à respirer, à tâcher d'aller avec ma pensée au-delà de l'image et de l'odeur.
Et s'il me fallait rattraper mon grand-père, poursuivre ma route, je cherchais à les retrouver en fermant les yeux; je m'attachais à me rappeler la ligne du toit, la nuance de la pierre, qui, sans que je pusse comprendre pourquoi, m'avaient semblées pleines, prêtes à s'entr'ouvrir, à me livrer ce dont elles n'étaient qu'un couvercle."
Sans doute trop "bourgeois"
(c'est ce que voudrait dénoncer son "esthétisme", alors que pour ce qui est de l'écriture correcte et sans "faute", il me semble qu'il ne fait rien de trop, justement, c'est du français, et c'est tout)
pas assez réaliste, pas assez religieux, sensible, exposé, et toujours sur le qui- vive, voilà notre homme, au-delà de toute biographie. C'est sûr que pour nous, qui remontons jusqu'aux oeufs de dinosaure, et pour qui la vérité est dans les gènes et pour qui la "réalité" reste sociale...
Enfin voilà, j'ai pris sur moi de bon matin. je lui dois bien ça, un peu de chair dans le cimetiere bio.
étrange
Quand je lis Proust, je pense moins à l'esthétisme qu'à une conjonction entre mémoire, intelligence, et sensibilité..
Pour un esthète, je trouve qu'il a pris de gros risques avec ses longues phrases aux boucles barroques, qui approfondissent la pensée à chaque passage, pour enfin revenir au début, après avoir tout transformé. Une fameuse réponse, en tout cas, à la fameuse interrogation freudienne sur la répétition "au-dela du principe de plaisir", et une belle claque dans la célèbre pulsion de mort.
Phrases qui ne sont pour moi que des machines vivantes, des explorations de l'esprit qui pense, et qui dit comment il pense.
Pour moi, Proust, c'est de l'intelligence émouvante, pour ainsi dire sensible; c'est le récit et sa décomposition.
et c'est la question que je me pose sans arrêt, qu'est-ce que c'est, l'intelligence (en dehors de la Science, bien sûr, et de la Révalation, et même de la Philosophie).
Pour un peu, ce monsieur n'aurait fait que des bons mots, et n'aurait été que le témoin d'une époque donnée et dorée, et disparue, qui évidemment n'intéresse plus personne, après le matraquage marxiste et le "gagner plus pour manger moins".
Même quand il dit un souvenir et qu'il parle des ombres de sa chambre, ou de son père qui monte l'escalier, de la nuit et de la chandelle, Proust n'est jamais entre les murs, pas davantage dans son appartement, ni dans celui qu'il décrit dans sa mémoire, ni dans celui où il écrit : il écrit et se transforme en mémoire vivante, et cette mémoire, il la décrit aussi. Sa pensée est partout, jusque dans les images qu'il forme des choses, mais Proust c'est aussi la rencontre de la poésie et de l'intelligence, quand il comment un arbre, une maison, l'interpellent. Proust n'est pas un egocentré : il est séduit par les choses et par les êtres (pas seulement par les hommes, non), et il décrit cette séduction et cette tendresse. Il dit aussi comme les êtres interpellent les mots, et il dit que nous n'avons que cela, en réponse, les phrases, et une certaine façon de dire par le style, de répondre à l'interpellation des choses du monde, au lieu de les décrire ou de les disséquer, ou de les analyser. Mais bon : un coup de bio, de psy, d'analyse, d'esthétique, et le tour des catégories est joué, n'est-ce pas ?
Que dire, d'un homme qui est non seulement capable de remonter en lui aussi loin, et par boucles le long d'une même phrase, et qui en même temps vous laisse entendre son émotion (dépassée par l'écriture), de savoir que non seulement ce qu'il décrit a disparu, non seulement, les événements, mais encore les lieux, les murs, les êtres. Et il tient le coup, il descend vivant au pays des morts et de l'absence, et de sa propre maladie et disparition.
On se demande où il est, et quelle fut sa force.
Mas l'esentiel, n'est ce pas, c'est la biographie de sa vie, la trace de son corps dans les événements de l'histoire, et surtout, fournir des ébauches de compréhension psychologique. l'important, ce n'est pas ce qu'il écrit en lui (et non pas "de lui", comme vu de dehors, comme la plupart, qui ne se pensent que sous le regard des caméras objectives)ui, mais de le voir de l'extérieur, de parler, justement, de sa vie, de sa biologie, de ses aventures, sans comprendre qu'à chacun de nous échoit une part d'événements, de vie, de sentiments, d'attirance, desquels nous ne pouvons sortir qu'en les pensant, en les transformant par ce que l'on appelera de l'art, si vous voulez, ou de l'esthétique (pff)
Entre bio et esthétique, que reste-t-il dans cette présentation ? L'envie de le lire ? on croirait manger une grappe de raisins secs. tiens, ça me fait presque mal au coeur.
Si vous "l'aimez", puisque vous n'avez que ce mot à la bouche, ça n'apparait pas vraiment, et c'est bien triste. Une chose est sûre, ça ne donne pas envie de le lire, donc, à quoi ça sert?
ça m'a fait pensé, voyez-vous, malgré la bonne intention manifeste, à une réduction de corps.
Nous ne sommes pourtant pas dans un cimetière, ou du moins, pas encore.
Mais bien entendu, à la suite de Toinon, disons : qui suis-je, en tant qu'auteure porno, pour critiquer un auteur (Proust), si déjà je ne suis pas habilitée à critiquer un texte. Misère.
Bon, il me reste un espoir, puisque pour l'heure les prostituées peuvent encore voter.