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Critiques reçues par Francine Ségeste
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Bac à sable
Je viens de lire cet échange de « bac à sable » (comme on dit sur wikipedia) et j’en reste sur les fesses. Les fausses manoeuvres informatiques de Francine Ségeste me paraissent parfaitement légitimes et je ne vois pas pourquoi elle songe à s’en excuser. En revanche je suis un peu étonné par le contenu des « commentaires » de g@rp. Je suis allé voir sa production, je n’aime ni n’aime pas, "c'est pas ma culture", rien : je conçois qu'il y ait un public plus qualifié pour apprécier et je ne laisse aucun commentaire.
Pour moi, qui ne suis qu’un lecteur critique, le commentaire ne sert qu’à comprendre pour mieux goûter. Quand il est directement attaché à l’œuvre , ce ne peut pas être de la « publicité » (rendre public ce qui était ignoré, vu que le lecteur y est déjà). Quand j’écris, sur « Cité des solitudes » : « allez voir la nouvelle série de nouvelles de Ségeste », là oui c’est de la pub et j'en suis fier.
Mon intuition, fondée sur « Cité des solitudes », est que les recueils de nouvelles de Ségeste sont « composés » comme les bouquets ou des plutôt des jardins, il vaut sans doute mieux les parcourir dans l’ordre (c’est mon côté kabbalistique, allez voir son sous-recueil de poèmes "L'ange debout", j'ai remarqué que "Lucioles de sang" venait sans doute avant, et l'auteure m'a donné raison).
La n°1 de « trames étranges » m’a paru « entre Borgès », pour la lettre qui circule et fait mystérieusement contrepoint à l’histoire, et Marquez (pour San Blas aussi abandonné qu’une bourgade du bas Magdalena, et aussi pour les lettres de « Chronique d’une mort annoncée" qui n’atteignent pas leur destinataire), je l’ai dit, et ensuite je l’ai rappelé dans la nouvelle n°2 parce que non, finalement, ce n’était pas constitutif de l’unité de « Trames étranges » et je ne vais pas dire non plus maintenant « elle fait du Lorca ». J’ai jeté un bref coup d’œil à « Et les cris de la fée », je peux déjà dire que c'est très beau mais ce n’est pas du Nerval, et que je commence à comprendre « Trames étranges » mais j’y reviendrai plus tard. Ciao.
Garcia
LORCA , désolé :je ne l'ai pas précisé, il le falait :)
La theorie de la comm ...
La theorie de la comm semble au contraire tres bien maitrisee (orchestree) ici. Je vais expliquer pourquoi.
Sans juger, qu on ne se meprenne pas.
Juste des faits.
Hier en fin d apres midi, je laisse un commentaire sur ''la noce'' en disant que je fonce lire ''la lettre'' car je ne peux resister lorsqu'on evoque Borges.
J'arrive sur ce texte,qui ne comportait AUCUN commentaire, et en commence la lecture...puis il disparait.
Retire de la publication par l'auteure qui est en ligne a ce moment-la ? Probable.
Environ une heure plus tard, le texte reapparait...avec, dans la minute qui suit, un tres long commentaire et le sempiternel 10 sur 10.
Coincidence ?
Jetez un oeil sur le profil du 1er commentateur, sur ses commentaires postes.
Je laisse les lecteurs juges.
Je n interviendrai plus sur ces nouvelles, je leur fait une pub qu elles ne meritent pas. Ou plutot, qu elles ne meritent plus tant certains procedes utilises pour les faire remarquer semblent singulierement manquer de finesse.
Le style et la fable
Entre sa réponse à mon premier commentaire et sa réponse à Gille Nikolic, g@rp a légèrement changé son fusil d’épaule, en plus critique. Mais je reviens à son premier commentaire (« Je suis loin de partager ») ?
En fait, je n’étais pas complètement en désaccord avec lui et la référence au Pasolini de la dernière période (je n’avais pas pensé à Almodavar, bon sang, mais c’est bien sûr !) était volontairement ambiguë. On peut penser plus précisément à « Médée » de Pasolini. La scénographie en est hyper-somptueuse, l’histoire est fort mince et connue depuis des millénaires : « rien de bien nouveau », comme dit g@rp.
De même, dans « La noce », la langue, la scénographie est somptueuse (et si c’est du Garcia, ici c’est plutôt du Lorca), mais écrasent un peu de prime abord la minceur de la fabula : une femme perd ce à quoi elle pensait avoir droit (l’amour et le bonheur) comme écho d’une souillure subie dans sa prime jeunesse et dont elle est innocente. Histoire « tragique » de bien des femmes (et de garçons : oui, Almodavar), presque « genre » du roman et de l’opéra dix-neuvièmistes. Et je comprends que cette histoire, comme dit g@rp, « on ne l’aime pas, c’est aussi simple que ça ». En tant qu’histoire, moi non plus…
On peut d’abord, comme Gilles Nikolic, rétorquer que l’histoire, la fabula, dans une nouvelle on s’en fout (et même dans un roman, parce que, franchement, « l’histoire », dans « Ulysse » de Joyce ou « La recherche du temps perdu »…). Une nouvelle est intermédiaire entre un roman et un poème en prose. (cf « La déclaration foraine » de Mallarmé : c’est quoi ?). J’ai dit, à propos de « La lettre sans destinataire » de Ségeste, que « Le noyé le plus beau du monde » était l’une des plus belles nouvelles de Marquez et peut-être de toutes les nouvelles, mais l’histoire, c’est des femmes qui lavent le corps d’un noyé et se demandent s’il s’appelle Esteban, point. (Vérifiez !)
Et puis ça me titille et je trouve que la fabula dans « La noce » est plus complexe qu’il n’y paraît. La « chaine » qui vient briser la « trame » de l’héroïne n’est pas, comme l’auteure l’écrit dans sa notice introductive, l’apparition de Vuk, mais la ruse de sa cousine. « Mystification, viol » disent les mots clés. Où ça ? quand ? par qui ? Lacan dirait « c’est un point de capiton ». Mouais. Trame étrange.
Et quel rapport avec « La lettre sans destinataire» ? La mal aimée qui aurait pu, à première vue.. Ou plutôt la non rencontre. Ou la rencontre qui ne se fait pas là où la Parque avait tissé. Bon, faut que je lise la nouvelle n°3 (« Et les cris de la fée », g@rp va encore dire que Ségeste se prend pour Nerval) mais cette semaine j’ai pas le temps.
Comparez le comparable !!
Eh ! oh ! « 100 ans de solitude », c’est un des plus grand roman du second vingtième siècle, c’est aussi l’un des plus longs..
Là, on est dans le court, la « nouvelle ». Prenez au hasard un « Compte vagabond » de Marquez, ou même un de ceux que Denoel colle avec la « Candide Erendira » (à l’exception de « Le noyé le plus beau du monde », que je tiens pour difficilement surpassable) , puis prenez au hasard un recueil de nouvelles de Borges comme « Histoire de l’infamie » , ben moi je dis bof, ça se vaut.
Ensuite je ne vois pas en quoi un commentaire sur un texte qu’il faut avoir déjà lu est une « pub ». Mais je n’ai sans doute rien compris à la théorie de la com’.
L’art de la nouvelle est très subtil, on en publie d’ailleurs peu en France, contrairement à l’anglais. Je pense que « Cité des solitudes » , quoique « recueil », a une unité et même une progression, un « ordre », qui n’existe évidemment pas dans les anthologies que les traductions françaises publient des nouvelles de Borgès ou de Marquez. Alors j’essaie de comprendre quelle est l’unité de « Trames étranges ». C’est mon droit de lecteur.
Donc, revenons à nos moutons. J’ai lu la nouvelle n°2 ( La noce) et je commence à voir un peu mieux ce que l’auteure entend par « trame » (étrange soit-elle). Mais je réserve mon jugement.
Ce qu’il y a de borgesien ici n’est pas le miroir mais la lettre, ce qu’il y a de marquezien est en effet la solitude mais ce n’est pas celle à la quelle vous faites allusion. Enfin, à mon avis. De toute façon c’est du Ségeste, mais différent de celui qu’elle publiait jusqu’ici, et ce qui m’intéresse c’est où elle veut en venir , à part le plaisir d’écrire.
Je ne peux pas laisser...
Je ne peux pas laisser passer ça : "entre Borges et Marquez" ?!
Franchement : non.
C'est à mille lieues du génie de Borges (il ne suffit pas de lire "miroir" ou "labyrinthe" pour que ce soit du Borges) tout autant que de celui de Marquez. On est loin de 100 ans de solitude. Très.
Arrêtez la pub !
Sans vouloir entrer da...
Sans vouloir entrer dans le commentaire de commentaire : si c'est grand, de la peinture, de la couleur, ainsi que l'affirme le commentateur précédent, ça ne peut être du Garcia (Marquez, je suppose).
Les "gouts et les couleurs" ne veut rien dire ? Quand on évoque l'histoire en elle-même, et non le style de l'auteur, ça veut au contraire tout dire.
Soit on aime l'histoire qui nous est racontée, soit on ne l'aime pas. C'est aussi simple que cela.
Ensuite, il y a le style. Il marque le lecteur, ou pas.
En ce qui me concerne, ni l'un ni l'autre ne m'ont marqué.
Ne m'ont touché.
Mais je comprends que l'on puisse apprécier - j'ai l'esprit ouvert^^
Entre Borges et Marquez
J'ai toujours cru qu'un écrivain racontait toujours la même histoire. Il y avait une unité évidente entre les permières oeuvres publiées de F Ségeste sur ILV (les nouvelles de "Cité des solitudes", le récit « Mémoire de la mer », les poèmes « Destin de sable »). En un mot : elle parlait d’elle , de ces engagements, de sa vie.
Et là tout semble basculer. Ce n’est ni la Colombie ni l’Argentine, c’est le Mexique, en tout cas dans un ailleurs, et cet ailleurs semble un labyrinthe. Oui, c’est peut-etre toujours Francine Ségeste, mais dans un autre monde secret. Une femme qui n’a pas rencontré son amour, et deux hommes qui l’adorent de loin, un vieil étranger, un adolescent. Ce qui se trame là (car ici personne ne trame, ça se trame), j’avoue que, subjugué, je ne le comprends pas encore. J’attends la suite du recueil… Peut-être la fameuse lettre nous tombera-t-elle entre les mains ? Ce serait trop facile.
Excellent
Epoustouflant, grand, c'est de la peinture c'est de la couleur, excellent, C'est du Garcia, c'est Almodovar... et aussi Pasolini, d'accord Lancelot,
Il n'y pas de "les gouts et les couleurs", ceci ne veut rien dire, il y a, seulement, voir ou non
Je dis bien voir et non sentir, ceci se voit, tu vois et après tu ne respires plus
Si c'est ''mouai sans plus, c'est que tu ne respires plus, mais seulement car tu es sous l'eau je dois donner 14/10
Je suis loin de partag...
Je suis loin de partager l'enthousiasme de Lancelot (cf commentaire précédent).
Bien écrit, c'est indéniable.
L'histoire ? M'oui, sans plus (les gouts et les couleurs...)
Au final, rien de bien ébouriffant, ni de bien nouveau.
Je vais quand même aller lire la lettre sans destinataire (quand on évoque Borges, je ne peux résister)