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Critiques reçues par Benoît Auger
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"Madame :
Elle ne semble pas aussi dominatrice que le jeu de Claire et Solange le laissait supposer. Si elle fait souffrir ses domestiques, c'est par ignorance, non par cruauté. Madame est excessive comme une Drag Queen. Elle est à la merci des métaphores phalliques: éjaculation des bouteilles de champagne; elle file se faire enfiler au Bilboquet où l'attend Monsieur, sorti de prison. Elle évite l'empoisonnement par innocence, comme les somnambules évitent, paraît-il, de se rompre la nuque lors de leur déplacements nocturnes."
J'aime bien cette dernière phrase qui laisse sous-entendre une puissance subconsciente propre à tous les êtres dictateurs qui se sentent constament en train d'exercer leurs droits de propriétaire en prenant la vie des autres en otage dans une toile aussi fragile que peut être forte l'araignée qui l'a tissée en la sortant directement de son fondement, de sa nature profonde, de son cul pour parler vulgairement.
Ainsi, la dominatrice bourgeoise qu'on appelle "ma-dame" en public (et encore plus en privé - mais toujours pour la même raison : la soumission à l'argent ou au pouvoir de l'autre), cette bourgeoise innocente (comme le sont tous ceux qui trônent sur la misère du monde avec le concours "objectif" et "neutralisant" de la loi), cette "femme" mi-femme mi-démon est en fait l'incarnation provisoire, produite à grands frais à quelques exemplaires par la classe dominante afin de répandre leur suffisance et leur droit de cuissage sur le monde étranger aux coulisses du pouvoir et à la vacuité du monde qui dansent au son des cuillères d'argent qui résonnent loin des gueux et de tous les passants "vulgairemnet" amoureux de la vie et de l'Autre, simplement.
Oui, pour paraphraser ce que disait Nietzsche, un auteur que prisait beaucoup Genet, jusqu'à le repriser sur scène à Paris, l'homme a inventer l'Art pour survivre à la vérité mensongère qui domine tout sauf l'amour et la vie.
Ce qui est drôle, c'est que le grand moustachu allemand au trois quart aveugle admirait l'aristocratie plus que la démocratie et abhorait le communisme... je ne suis pas certain que ce fût le cas de Jean Genest à Paris, au moment où celui-ci écrivait les nourritures terrestres, non ?
Comme quoi, parfois, les repriseurs sont quelques fois meilleurs que ceux qu'ils prisent.
Comme dirait René Lévesque...
... je n'ai jamais été aussi fier d'être Québécois. ;-)
le travail critique d'un compatriote et d'un ancien collègue de travail au no 1 du top 20 d'une littérature équitable.
Ce n'est pas l'idéal, mais ça fait tout de même du bien !
Et en plus, Tina Noiret trouve ça époustouflant, alors ça doit être génial.
:-)
Bravo Big Ben, j'aime !
Plusieurs voix,
qui ne trahissent personne, s'entre-mêlent, entre dire et musique.
Epoustouflant !
-
besoin d'une référence
Bonjour,
Vous évoquez cette phrase "Quand elle traversera vos chambres avec des couteaux de boucher, vous connaitrez la vérité". J'aimerai savoir où je puis trouver cette réplique dans "Les bonnes", réplique présente également dans "Hamlet-Machine" de Heiner Muller...
Merci de me répondre
Loa
Je retrouve le charme ...
Je retrouve le charme indéfinissable que j'ai rencontré de l'autre côté de l'Océan, un vrai régal !
Lors de mon voyage là-bas, l'un de mes amis internautes m'a dit que souvent, il ne comprenait pas le quart du dixième de nos délires français. Je conçois donc que certains français ne puissent pas tout comprendre, bien que pour moi tout soit clair. Mais il est vrai que je parle depuis des années avec mes amis de chez toi. La force de l'habitude fait que nous nous recevons 5/5.
Décidément, j'aime te lire !
Eh bien moi j'adore ! ...
Eh bien moi j'adore ! Des plans d'avis comme on structure des plans scéniques, des voix différentes en quelque sorte. Mémoire en alerte, j'ai retrouvé ici la pièce en lisant cette chronique bien ficelée.
Merci !
Ces éclats...
Ces éclats... je reviendrai lire. Magique.
How many times ?
Exactly so : someone lived there before - Lough Dergh is the name of this silent place -
And upon that time the language was written on stones :
Voices of stone
Voices of carbone
And the ghost came back alive
thirsty like the sahara
but I met this place
away from everywhere
nowhere rapped me
I crossed the river
with the dead
moving towards a language
that was not even mine
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre8417-page7.html#page
c'est de la bonne
A mon sens, l'originalité vient, plutôt que des situations, du statut particulier du personnage- narrateur à la langue savoureuse. Le style de Benoît Auger procure par ailleurs un grand plaisir de lecture, le tout enrobé dans un humour hautement appréciable.
Glop
Pourquoi pas ? C'est une démarche intéressante et qui à le mérite d'être plus évoluée que certains textes de cul arrivant en tête des oeuvres publiées (j'imagine la tête des enfants qui se demandent ce qui se lit le plus sur un site littéraire).