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| Le premier condamné du P2P ayant téléchargé une BD |
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"Par jugement du 7 avril 2005, le Tribunal de Grande Instance de Paris, statuant en matière correctionnelle, a déclaré un internaute coupable de contrefaçon par diffusion ou représentation d'oeuvre de l’esprit au mépris des droits de l’auteur – l’intéressé ayant diffusé quelques 2288 bandes dessinées via Internet depuis un ordinateur monté en serveur."
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Ainsi commence le communiqué du Syndicat National de l'Éditon (S.N.E).
Dans la discrétion la plus totale, le premier internaute ayant téléchargé et/ou proposé des bandes-dessinées sur un ou des réseaux Peer to Peer a été condamné par jugement à payer 1 euro symbolique d'amende.
Voir l'article complet.
Le communiqué de presse du S.N.E n'a été rendu public que le 20 juillet, à une époque de l'année traditionnellement plus calme sur le front des informations des nouvelles technologies. Hasard ou volonté ?
Il s'agit plus probablement d'une volonté de discrétion, contrairement aux volontés affichées des majors de la musique de faire le plus de bruit possible autour de ces procès de "pirates" - nous préférons le terme de peeristes pour notre part. Une discrétion probablement dictée également par la nouveauté que constitue ce procès dans le monde du livre, et plus précisément ici de la bande-dessinée.
Il est néanmoins intéressant de voir que le P2P, cette révolution culturelle que certains redoutent, et que d'autres attendaient, atteint bel et bien toutes les couches de la culture. Ainsi, les biens informationnels totalement dématérialisés que sont la musique ou la vidéo ne sont plus seuls : les biens matériels "semi-dématérialisés" que sont les bandes-dessinées scannées ou les livres passés à l'OCR (reconnaissance de caractères), font parties des fichiers échangés sur Internet.
Force est de constater également que dans la très grande majorité des cas les bandes-dessinées scannées, ou les livres numérisés, sont de très bonne qualité, demandant souvent beaucoup de temps et de travail, montrant que seuls des passionnés peuvent et veulent le faire.
Ces passionnés qui proposent et téléchargent gratuitement des œuvres, certes protégées par le droit d'auteur et c'est normal, ne le font que dans un but d'échange et de partage de l'amour commun de cet art. Rares sont ceux qui le font dans un but de revente.
Lire un livre ou une bande-dessinée sur un écran d'ordinateur n'est pas des plus plaisant, et rien ne remplace le contact charnel des doigts sur le papier. De plus, et même si les coûts d'impressions à la demande ont très largement baissé ces dernières années -comme le prouve InLibroVeritas-, rien ne remplace la production de grand volume pour atteindre les prix unitaires qu'on connaît. Seuls les vrais pirates, qui téléchargent et revendent, pourraient mettre en place une telle production pour revendre sur des marchés noirs. Mais on sait bien que ces pirates n'ont pas attendu le P2P pour le faire, et cela ne serait sans doute pas rentable.
Le livre et la bande dessinée n'ont donc pas grand chose à craindre des peeristes, seul la contrefaçon des logos ou des personnages, peuvent poser des problèmes aux éditeurs. Stephen King sur un livre papier coûtera encore longtemps moins cher à la Fnac que téléchargé puis imprimé et relié par l'internaute.
Expliquant peut-être la clémence du jugement, et la relative indifférence des internautes sur l'affaire.
Le communiqué intégral du S.N.E
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